7:44 - January 10, 2021
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Téhéran(IQNA)-Le gouvernement du Sri Lanka a maintenu vendredi l’obligation de procéder à l’incinération de tous les morts de la Covid-19, rejetant les appels internationaux et recommandations à autoriser les enterrements musulmans conformément à leurs rites funéraires.

Le gouvernement avait interdit, pour la première fois en avril, l’enterrement des défunts victimes du coronavirus, en raison de craintes, jugées infondées, de moines bouddhistes que les corps ne contaminent les eaux souterraines et ne propage le virus.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que ce risque n’existe pas, mais le gouvernement srilankais se refuse à l’entendre. « Cette décision ne sera pas modifiée pour des raisons sociales, religieuses, politiques ou toute autre raison personnelle », a déclaré la ministre de la Santé, Pavithra Wanniarachchi, selon les responsables du ministère.

Cette décision est maintenue alors qu’un comité d’experts, nommé par le gouvernement, a cette semaine jugé que si les crémations étaient plus sûres, les enterrements pouvaient être autorisés dans des conditions strictes.

Selon leur rite, les musulmans enterrent leurs morts face à la Mecque. La majorité des bouddhistes du Sri Lanka, fervents partisans du gouvernement actuel, sont généralement incinérés, de même que les hindous.

La communauté musulmane, des modérés, mais aussi de l’étranger, dont l’Organisation de coopération islamique (57 membres), a exprimé à plusieurs reprises son inquiétude. Le Conseil musulman du Sri Lanka (SLMC) a accusé le gouvernement de chercher à provoquer parmi les jeunes musulmans « quelque chose d’irréfléchi », un propos dont le ministre de la Justice Ali Sabry, un musulman, s’est lui-même fait l’écho.

Selon le SLMC, plus de la moitié des 222 morts de la Covid-19 appartiennent à la minorité musulmane, représentant seulement 10 % des 21 millions d’habitants.

« Nous (communauté musulmane) avons un nombre disproportionné de décès parce que les musulmans ne cherchent pas à se faire soigner de peur de (finir) incinéré », a affirmé à l’AFP Hilmy Ahamed, porte-parole de la SLMC.

Les Maldives, archipel musulman, avaient annoncé le mois dernier que le Sri Lanka voisin leur avait demandé l’autorisation de leur envoyer les corps de musulmans morts de la Covid-19 pour qu’ils y soient inhumés selon leurs rites, une affirmation que Colombo a réfutée.

Le porte-parole des Maldives, Mohamed Nasheed, a ensuite suggéré aux autorités du Sri Lanka d’autoriser les inhumations de musulmans dans un cimetière pour Maldiviens à Colombo, suggestion restée sans réponse.

Le Sri Lanka, qui a connu une forte augmentation des cas de Covid-19, compte près de 46 800 contaminations désormais contre 3 300 en octobre et 222 décès contre 13.

Les tensions sont vives entre les musulmans et la majorité cingalaise, pour la plupart bouddhiste - depuis les attentats meurtriers de Pâques 2019 perpétrés par des jihadistes de l’île.

journaldemontreal

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