10:13 - June 12, 2021
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Téhéran(IQNA)-Construite en 1536, elle s’honore de porter les trois noms de son commanditaire qui ne fut pas des moindres personnages de son époque : Makbul Ibrahim Paşa (le favori), Maktul Ibrahim Paşa (l’exécuté) ou encore Pargalı Ibrahim Paşa, Grand vizir de l’Empire ottoman du 7 juillet 1523 au 24 mars 1536 sous le sultanat de Süleyman dit le magnifique.

De devchirmé à Grand vizir
Né dans une famille de Parga, d’où son nom, il est recruté dans le cadre du devchirmé et, durant son enfance, il se lie d’amitié avec Süleyman, d’un an et demi son cadet et qui, en qualité de Prince de l’Empire ottoman, le nomme Fauconnier royal puis Premier officier de la Chambre royale.

Devenu Sultan, Süleyman élève son ami au rang de Grand vizir, nomination généralement réservée aux hommes de grande expérience et non aux dignitaires de second rang, qui plus est seulement âgé de 30 ans. Cette même année, Makbul Ibrahim épouse Hatice, sœur du Sultan, ce qui renforce encore l’intimité avec ce dernier.

Le destin tragique d'Ibrahim Paşa
Hélas, les treize années au poste de Grand vizir, sa réussite rapide et l'accumulation de ses richesses lui attirent l'inimitié de nombreux courtisans. Süleyman reçoit des informations négatives concernant Ibrahim, laissant entendre que celui-ci fomente une révolte contre le Sultan.

Considérant que le pouvoir du Grand vizir peut lui porter atteinte et, influencé par son épouse Hürrem, Süleyman ordonne le 15 mars 1536 l’exécution du vizir au palais de Topkapi.

La mosquée Makbul Ibrahim Paşa en héritage
Si Ibrahim Paşa, plus occupé par la politique que par la religion n’a pas laissé de nombreuses mosquées portant son nom, on en connaît toutefois dans l’île de Rhodes ainsi qu’en Bulgarie.

Celle d’Istanbul, sujet de cet article, loin d’être la plus prestigieuse, se distinguait toutefois par son minaret en bois à balcon couvert, rareté qu’on ne trouve que sur une autre mosquée stambouliote près de la place Taksim.

Victime de nombreux incendies, abandonné puis restauré en 1900, l’édifice voit ses caves voûtées renforcées ainsi que son minaret qui prend sa forme actuelle tout en gardant sa structure en bois.

Enfin, en 1990, une nouvelle restauration modifie la forme du bâtiment et relance sa vie de mosquée de quartier.

Modeste et discrète, loin de rappeler la grandeur de son initiateur, la Makbul Ibrahim Paşa Camii n’en laisse pas moins le souvenir d’un homme et le témoignage d’une époque où la richesse, la gloire et la puissance ne pouvaient rien contre les décisions du Sultan.

lepetitjournal

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