10:27 - June 14, 2021
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Téhéran(IQNA)-Les recherches de l'institut Montaigne, publiées par le journal Figaro, montrent que les attitudes racistes envers les musulmans, ont augmenté en France, sur les lieux de travail.

Selon Al Jazeera, une nouvelle étude publiée par l'institut Montaigne montre une augmentation des comportements hostiles envers les salariés musulmans (hommes et femmes) en 2020, et qu’une fois de plus, le débat sur les restrictions de la pratique religieuse sur le lieu de travail, risque de s'intensifier.

Le rapport publié dans Le Figaro, montre qu'une étude sur 25000 cadres et dirigeants d'entreprises françaises, a révélé que les problèmes provenaient généralement d’attitudes négatives envers les employées musulmanes.

Eric Chalan Balwal, propriétaire d'une entreprise de recyclage, a déclaré qu’il avait des positions anti-laïques il y a 20 ans, mais que maintenant et plutôt cette année, il a décidé d'inclure une clause dans les statuts de l'entreprise qui, selon lui, encourage la neutralité religieuse et interdit l'utilisation de tout symbole religieux visible sur le lieu de travail. Balwal explique qu'il a demandé à une conductrice de l'entreprise qui portait l’hijab, de porter un simple foulard pour éviter les dangers lors de la conduite. Dans le cas des employés, hommes et femmes, qui cherchent un endroit tranquille pour prier, il a déclaré qu'ils disposaient d'un vestiaire où ils pouvaient prier et que les bureaux à l'intérieur de l'entreprise, n’étaient pas un bon endroit pour accomplir leurs devoirs religieux.

Lionel Honoré, directeur de la surveillance des comportements religieux sur le lieu de travail, et auteur de l'étude, affirme que les comportements hostiles envers les employés musulmans ont augmenté de 12 % en 2020, contre 8 % en 2019, et que les comportements religieux sur le lieu de travail, étaient également devenus plus apparents qu'au cours des 10 dernières années. Il souligne cependant, que les statistiques montrent que les pratiques religieuses n'ont pas causé de problèmes sur le lieu de travail dans 80% des cas. Selon l'auteur, l'opinion générale des musulmans en France, montre qu'un grand pourcentage d'entre eux cherchent à cacher leurs pratiques religieuses sur leur lieu de travail, mais la question de l’hijab est différente car c'est une chose qui ne peut pas être cachée.

Les questions sur l’hijab, la prière et le respect des règles religieuses sont les préoccupations les plus importantes des communautés musulmanes dans les pays occidentaux.

Un musulman a dit qu'il se rendait pour prier lorsque la salle de réunion était vide et que personne ne l'a encore remarqué. Un autre a déclaré qu’il avait dû abandonner certains emplois parce qu’il ne pouvait pas prier sur son lieu de travail.

Le cas d'une employée musulmane de la maternelle Baby Loup qui a été licenciée à cause de son foulard, a été l'une des pratiques les plus discutées. La controverse juridique s'est intensifiée après que la Cour d'appel de 2013 a statué que le licenciement de l'employée était une décision raciste.

Michael Amado, avocat français, a déclaré : « Depuis cette décision, il y a eu une demande croissante pour le respect de la religion et des devoirs religieux sur le lieu de travail. Au fil des ans, j’ai reçu de nombreuses demandes concernant la nécessité d’organiser les heures de travail pour pouvoir accomplir les devoirs religieux et d'examiner les devoirs des entreprises pour permettre aux employés de respecter les règles islamiques.

L'un des assaillants de l'attentat du Bataclan en 2015, organisé par le groupe terroriste de Daesh, qui a fait 90 morts, travaillait depuis deux ans dans la société de transport public. La situation a radicalement changé et tous les regards se sont tournés vers les employés musulmans qui accomplissent également leurs devoirs religieux en public. La Régie des transports publics de Paris a été contrainte d'imposer l'exigence de respect de la neutralité religieuse aux salariés, contrairement aux salariés des entreprises privées qui préservent leurs libertés religieuses.

En 2015, un comité d'éthique a été nommé et la même année, sept employés ont été licenciés pour ce qu'on a appelé une violation des statuts de l'entreprise, et en 2016, six autres personnes ont été licenciées, en 2019 un employé et en 2020 deux autres employés ont été licenciés. En 2016, le secteur des transports publics en France, a été tenu par la loi, de fixer des critères spécifiques pour l'embauche de nouveaux employés, afin de garantir la neutralité religieuse sur le lieu de travail.

Malgré ces mesures, une étude de l'Institut Montaigne montre que le secteur des transports est un des secteurs les plus touchés par les contentieux administratifs sur les pratiques religieuses au travail, suivi par les secteurs du bâtiment, des services et de la sécurité.

Le chef du Bureau de contrôle du comportement religieux affirme que l'étude a été principalement menée sur les musulmans parce que leurs devoirs religieux sont plus diversifiés et plus visibles sur le lieu de travail.

Selon l'auteur, les propriétaires des entreprises avec lesquelles le Figaro s'est entretenu, savent que le contrôle des pratiques religieuses sur le lieu de travail peut conduire à des discriminations à l'encontre des salariés, hommes et femmes, et que cela est illégal, cependant ils préfèrent inclure explicitement des restrictions sur le lieu de travail, dans leurs statuts.

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