5:13 - October 31, 2021
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Téhéran(IQNA)-Le Premier ministre indien Narendra Modi a rencontré pour la première fois le pape François, ce samedi 30 octobre, au Vatican. Une visite historique qui s’annonce particulièrement suivie compte tenu des tensions religieuses en Inde.

Si la rencontre est historique, les enjeux sont cruciaux. L’échange prévu entre Narendra Modi, le Premier ministre indien, et le pape François ce samedi 30 octobre au Vatican s’inscrivait dans un contexte de montée des violences envers les minorités religieuses en Inde. Selon des responsables religieux, la discrimination et les violences contre les minorités religieuses en Inde, où les hindous sont majoritaires, sont en hausse continue depuis l’accession au pouvoir en 2014 du parti nationaliste hindou Bharatiya Janata Party (BJP) de Narendra Modi. Les deux principales minorités régulièrement persécutées sont les musulmans (qui représentent 14% de la population) et les chrétiens, qui représentent un peu plus de 2%.
 
Dans son rapport sur la liberté religieuse publié en 2020, l’Aide à l’Église en détresse (AED) a estimé que les chrétiens étaient persécutés en Inde. Selon leur étude, le principal moteur de la persécution dans la péninsule est la montée du « nationalisme ethnoreligieux ». Prônant la défense de « l’hindouité » – l’Hindutva –, le parti du Premier ministre, le BJP, a multiplié les gestes d’hostilités envers certains membres de la population chrétienne indienne ces dernières années. Entre le 1er janvier et le 30 juin 2020, l’organisation œcuménique Persecution Relief a estimé que les violences contre la minorité chrétienne en Inde ont progressé de plus de 40% en seulement six mois.

L'engagement de l'Église catholique en Inde
Dans un contexte de violence contre les minorités, et parfois de ciblage des chrétiens par des extrémistes hindous liés au parti au pouvoir, la Conférence des évêques indiens a toujours recherché le dialogue avec le gouvernement, pour le bien du pays. En janvier dernier, par exemple, les cardinaux Oswald Gracias, archevêque de Bombay, George Alencherry, archevêque principal des Syro-Malabars, et Baselios Cleemis, archevêque principal des Syro-Malabars, ont rencontré Narendra Modi pour présenter le travail réalisé par l'Église en Inde dans les domaines éducatif, sanitaire et social et sur le front de la pandémie de Covid-19, l'assurant de leur engagement en faveur des plus pauvres et des plus vulnérables.

Cet engagement au service de la population indienne a été expressément apprécié par le Premier ministre Modi. D'autres points ont été abordés au cours de la réunion, comme la situation des minorités religieuses dans un pays où les chrétiens ne représentent que 2,3 % de la population, et la situation du père Stan Swamy, vieux prêtre jésuite et militant des droits des peuples indigènes, qui a été emprisonné pendant neuf mois pour «terrorisme», et est finalement décédé en juillet dernier.

Invitation à visiter l'Inde
Lors de la rencontre de ce samedi, le Premier ministre Narendra Modi, comme il l'a dit lui-même sur Twitter, a invité le Pape à visiter le pays.  Le projet d’une visite avait déjà été évoqué en 2017, lors du voyage apostolique du souverain pontife au Bangladesh et en Birmanie, mais cela ne s’était pas concrétisé.

Jusqu'à présent, deux Papes se sont rendus en Inde: saint Paul VI, qui s'est rendu à Bombay en décembre 1964 à l'occasion du Congrès eucharistique international, et Jean-Paul II qui a foulé le sol indien à deux reprises, en février 1986 et en novembre 1999.
sources variées
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