
Rabina Khan, écrivaine basée à Londres et chercheuse à la Fondation Aziz, active dans le domaine des droits des musulmans britanniques, a écrit dans une note qu'elle a publiée dans le Guardian, faisant référence aux stéréotypes sur les femmes musulmanes : « Les femmes voilées comme moi, sont systématiquement harcelées et discriminées. Il y a des années, je ne portais un foulard que pendant les prières, les occasions spéciales et en compagnie de parents proches. Lors de ma première grossesse, j'ai attrapé une maladie dangereuse et j'ai commencé à porter régulièrement un foulard. Ma tension artérielle était élevée, ma vision était floue, je me suis soudainement retrouvée à l'hôpital et je me suis demandée si je voulais la même chose pour ma fille. J'ai choisi l’hijab pour me montrer plus authentiquement. Pendant cette maladie, je suis devenue musulmane croyante en hijab. Il est devenu normal pour moi, que les gens me regardent, et les relations avec les non-musulmans sont souvent désagréables et tendues. Parfois, les gens me demandent même en riant si je suis une comédienne qui porte l’hijab. Cependant, à l'heure actuelle, le comportement de certains extrémistes islamistes à l'égard des femmes voilées, nous rend la vie plus difficile. Cette pratique ne sert qu'à renforcer les stéréotypes négatifs selon lesquels l’hijab est un signe d'oppression. A mon avis, l’avenir est prometteur pour les femmes et les filles musulmanes. Notre courage, notre ténacité et notre détermination à être présentes dans la société, et les opportunités d'emploi témoignent de notre résistance, et la popularité de l’hijab rappelle à tous, que nous ne sommes plus disposées à mentir sur notre religion pour être acceptées ».
L'année dernière (2022), une vidéo choquante partagée sur les réseaux sociaux, montrait un groupe de jeunes blancs à Sheffield, attaquant une femme musulmane voilée et sa fille.

Un article de 2019 de l'Université de Nottingham Trent, a rapporté que les attaques contre les femmes voilées au Royaume-Uni, sont en augmentation, et que les femmes musulmanes voilées sont décrites comme des « agents du terrorisme ». Tell Mama UK, une organisation qui surveille les crimes de haine contre les musulmans, a rapporté en 2018, que 58 % des incidents islamophobes enregistrés impliquaient des femmes musulmanes, en raison de leur identité religieuse manifeste.
En 2017, la première ministre de l'époque, Theresa May, a annoncé son soutien à la Journée mondiale de l’hijab à la Chambre des communes, affirmant qu'elle soutiendrait sans crainte, le droit des femmes musulmanes à porter un foulard ou un hijab. Cependant, d'autres Premiers ministres du Parti conservateur se sont montrés hostiles envers les femmes voilées. En 2013, David Cameron a annoncé qu'il soutiendrait les écoles et les tribunaux britanniques exigeant le retrait du voile, et en 2018, Boris Johnson s'est moqué des femmes musulmanes en burqa qui selon lui, ressemblaient à des voleurs masqués. Cela a conduit à une augmentation des incidents antimusulmans, dont la moitié visaient des femmes voilées.
En Europe, la situation n'est pas meilleure. Les Pays-Bas et la Suisse ont interdit la burqa et en Norvège, une femme musulmane ne se voit offrir un emploi qu'à la condition qu'elle enlève son hijab. Depuis le 11 septembre, les femmes voilées sont présentées comme des fanatiques ou des opprimées.
Cependant, il y a des signes de progrès : En janvier 2023, British Airways a conçu des uniformes pour les employées musulmanes qui portent l’hijab, ce geste a été salué comme une étape vers la normalisation de l’hijab par un organisme national de premier plan. En 2001, la police de Londres a autorisé les femmes musulmanes à porter l’hijab, et en 2016, la police écossaise a intégré l’hijab à son uniforme.