L’analyste politique palestinien, Ahmed Abdel Rahman, dans un article pour Al-Mayadeen, a écrit : « Finalement, après une longue attente, Netanyahu et son gouvernement extrémiste ont abandonné l'entêtement et l'arrogance dont ils avaient fait preuve jusqu'à présent, et ont accepté un cessez-le-feu. Compte tenu des conditions très complexes auxquelles ce régime est confronté, ils ont été contraints de se soumettre aux exigences, justes et justifiées, de la résistance, qu'ils avaient rejetées, à plusieurs reprises. À mon avis, il y a quatre raisons principales à ce changement qui selon des sources bien informées, ont conduit à la capitulation de Netanyahu après cette longue période d'entêtement.
Premièrement, Joe Biden, malgré son soutien affiché à Israël et ses déclarations répétées selon lesquelles il est le meilleur ami d'Israël, n’a pas été en mesure d’imposer ses vues aux Israéliens. Avec l'arrivée au pouvoir de Trump qui cherche à consacrer son temps à des questions plus importantes que le conflit au Moyen-Orient (notamment le conflit économique mondial avec la Chine et la guerre entre la Russie et l'Ukraine), il était clair qu’il ne serait plus possible pour Netanyahu, de continuer la guerre à Gaza, et qu’un conflit avec le nouveau président américain aurait un impact négatif sur son avenir politique, à un moment où Netanyahou est pris dans de nombreuses affaires judiciaires.
Deuxièmement, bien que l'armée israélienne (Tsahal) soit entièrement subordonnée aux ordres des partis politiques dirigés par le Premier ministre, cette institution qui bénéficie de la majeure partie du budget gouvernemental depuis l'instauration du régime. L'ancien ministre de la Guerre, Yoav Galant, et le chef d'état-major, Herzi Halevi, ont été en première ligne pour faire pression sur les hommes politiques afin qu'ils parviennent à un cessez-le-feu qui permettrait de sauver la force et la crédibilité de l'armée israélienne.
Troisièmement, après neuf mois d'opérations terrestres israéliennes dans la bande de Gaza, et plus précisément deux mois après l'attaque terrestre sur la ville de Rafah, les combats israéliens sont entrés dans un état de stagnation et n’ont pas eu de réalisations significatives. Aucune mesure n’a été prise pour saper les capacités de la résistance qui poursuivait ses attaques et provoquait un sentiment d’impuissance et de défaite parmi les sionistes.
Quatrièmement, la défaite de l'armée d'occupation israélienne dans le nord de la bande de Gaza, a porté un coup dur à l'armée d'occupation et comme l'ont rapporté les médias du régime, le nombre de morts et de blessés parmi les forces d'élite du régime, a fortement augmenté ces derniers mois. La plupart des soldats tuées dans les batailles de Jabalia, Beit Lahia et Beit Hanoun, étaient des officiers et selon les aveux de l'armée, une cinquantaine d’officiers et de soldats sionistes ont été tués dans ces zones.
L’avenir que les dirigeants de ce régime prétendent être prometteur et brillant, avec le temps, sera désastreux et le soutien américain, la coalition régionale et arabe ne pourront rien empêcher ».