Le nouveau projet de loi sur la laïcité au Québec suscite une vive controverse

14:23 - December 01, 2025
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IQNA-Le nouveau projet de loi 9 du gouvernement du Québec, qui renforce les règles de laïcité en interdisant les symboles religieux et les pratiques de prière dans les espaces publics, provoque une profonde inquiétude parmi de nombreux professionnels de la petite enfance.

Selon montreal.citynews, à Montréal, dans l’Ouest de l’Île, Mehwaish Raja et Gaby Kazzaz, responsables du centre préscolaire et garderie Montessori Kiddy Kat, dénoncent une mesure qu’elles jugent intrusive et injuste.

Pour Raja, la situation paraît irréelle : « Cela ne semble pas vrai, c’est comme un rêve étrange dont on n’arrive pas à sortir. » Kazzaz partage ce sentiment et estime que cette nouvelle législation porte atteinte à leur identité : « On nous force à choisir entre qui nous sommes et notre carrière. C’est profondément injuste, ce n’est pas le Québec que nous connaissions. Nos arrière-grands-parents n’ont pas immigré ici pour que l’on nous retire des droits fondamentaux. »

Montessori Kiddy Kat, fondé il y a onze ans, emploie dix enseignantes issues de milieux et de religions variés et accueille une trentaine d’enfants. Raja craint que la loi n’ait des effets négatifs sur l’éducation : « Les enfants aiment se reconnaître dans leurs enseignantes. Si on leur enlève leur foi ou leur personnalité, à qui les enfants vont-ils s’identifier ? Cela risque d’être très dommageable pour eux comme pour leurs familles. »

Elle affirme rester solidaire de son équipe : « Que la loi passe ou non, nous continuerons à soutenir toutes nos enseignantes et toutes nos familles, quelles que soient leur foi ou leur origine. » Kazzaz souligne, elle aussi, l’importance de la diversité : « Le Québec fait partie d’un monde pluriel. En retirant ces symboles, on limite l’exposition des enfants aux différences et, à terme, à la tolérance. » Elle rappelle aussi que le hijab représente pour elle une identité et un ensemble de valeurs : loyauté, compassion, attention aux autres.

À Outremont, Anita Bartha, directrice d’une garderie située sur le campus du Collège Dawson, insiste sur l’importance d’exposer les enfants à la diversité culturelle : « Nous présentons différentes fêtes, sans dimension religieuse, afin de montrer qu’il existe une pluralité de traditions familiales. »

Enfin, Anne-Marie Bellerose, présidente de la FIPEQ, demande un moratoire. Elle s’interroge sur l’absence d’études démontrant un impact des symboles religieux sur les enfants et souligne les risques pour un secteur déjà confronté à une pénurie importante de personnel.

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