Le récitant irakien : 

Les propos d’Alafasy traduisent une rupture avec les principes fondamentaux de la foi

7:51 - May 04, 2026
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IQNA-La polémique autour de Mishary Rashid Alafasy, célèbre récitant koweïtien, prend de l’ampleur dans le monde musulman après la diffusion d’une vidéo jugée controversée. 

Dans cet enregistrement, Alafasy détourne un verset coranique pour exprimer une hostilité explicite envers Iran et ses soutiens, suscitant une vague de réactions indignées sur les réseaux sociaux et dans les milieux religieux.

Parmi les critiques les plus fermes figure Ali al-Khafaji, récitant irakien de renom, qui dénonce une « dérive idéologique » et une instrumentalisation du texte sacré à des fins politiques. Dans une déclaration relayée par plusieurs médias, il affirme que ces propos traduisent une rupture avec les principes fondamentaux de la foi et portent atteinte à l’éthique religieuse. 

Selon lui, cette prise de position nuit d’abord à son auteur, en entamant sa crédibilité spirituelle auprès du public.

La vidéo incriminée intervient dans un contexte géopolitique tendu, marqué par des rivalités régionales et des conflits persistants, notamment à Gaza. Les détracteurs d’Alafasy lui reprochent de ne pas évoquer les souffrances des civils palestiniens, tout en adoptant un discours virulent contre l’Iran. Cette asymétrie est perçue comme un signe de partialité et d’alignement politique.

Ce n’est pas la première fois que le récitant koweïtien se retrouve au cœur d’une controverse. Par le passé, certaines de ses déclarations avaient déjà suscité des critiques, notamment lorsqu’il avait exprimé des positions perçues comme favorables à la politique de Donald Trump vis-à-vis de l’Iran. Pour ses opposants, ces prises de position rapprochent Alafasy de figures politiques telles que Benjamin Netanyahu, ce qui alimente davantage la polémique.

Sur les réseaux sociaux, les réactions sont vives et contrastées. De nombreux internautes dénoncent ce qu’ils considèrent comme un usage abusif du Coran à des fins politiques, tandis que d’autres appellent à boycotter les récitations et productions artistiques d’Alafasy. Certains observateurs y voient le signe d’un malaise plus profond concernant le rôle des figures religieuses dans les débats contemporains.

Dans ce contexte, Al-Khafaji insiste sur une distinction essentielle : la maîtrise technique de la récitation ne saurait remplacer l’intégrité morale. « Une belle voix ne suffit pas », rappelle-t-il en substance, soulignant que la responsabilité des récitateurs dépasse la simple performance artistique. Ils sont, selon lui, porteurs d’un message spirituel qui exige cohérence, discernement et engagement éthique.

Au-delà de la controverse individuelle, cette affaire relance le débat sur l’influence des personnalités religieuses à l’ère des médias numériques. Entre popularité, engagement politique et responsabilité spirituelle, la frontière apparaît de plus en plus floue, exposant ces figures à un examen public permanent et souvent impitoyable.
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