
Le ministre des Affaires étrangères de la République islamique d'Iran, Abbas Araghchi, a critiqué, dans une lettre, ce jeudi, le projet de résolution "unilatérale et provocatrice" présentée par les États‑Unis et Bahreïn concernant la situation dans le détroit d’Ormuz. Il a souligné la responsabilité de la communauté internationale de ne pas permettre aux agresseurs d’exploiter le Conseil de sécurité comme un instrument visant à justifier leurs actions illégales.
Selon l'IRNA, le texte de la lettre de Seyyed Abbas Araghchi, ministre des Affaires étrangères de la République islamique d’Iran (RII), adressée, ce jeudi 7 mai, à António Guterres, secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, à Wang Yi, ministre des Affaires étrangères de la Chine, à Fu Cong, ambassadeur et représentant permanent de la Chine auprès de l’ONU et président tournant du Conseil de sécurité, ainsi qu’aux États membres de l’ONU, est le suivant :
Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux.
Excellence,
Je vous écris au sujet du projet de résolution unilatéral et incomplet concernant la situation dans le détroit d’Ormuz et ses environs, présenté conjointement par Bahreïn et les États‑Unis pour adoption au Conseil de sécurité des Nations unies.
Ce texte ne fait aucune mention de la cause principale de la situation actuelle dans le détroit d’Ormuz, à savoir l’agression militaire et l’usage illégal de la force par les États‑Unis et le régime israélien contre la République islamique d’Iran. La situation actuelle est directement et exclusivement la conséquence de leur guerre d’agression, injustifiée et illégale. Le véritable objectif de ce projet de résolution est de déformer les réalités sur le terrain et de justifier les actions illégales passées et en cours des États‑Unis contre l’Iran dans le golfe Persique et dans le détroit d’Ormuz, une région située à des milliers de kilomètres des côtes américaines.
La communauté internationale ne doit pas permettre que le Conseil de sécurité soit exploité par des agresseurs ou transformé en un instrument servant à légitimer leurs actions illégales.
Il est nécessaire de faire preuve de la plus grande vigilance afin d’empêcher toute tentative de déformation des règles et principes établis du droit international dans le but de justifier l’agression ou l’usage illégal de la force.
Les auteurs de ce projet de résolution, en présentant un récit sélectif et partial, abusent du droit international tout en ignorant les violations flagrantes commises par les États‑Unis eux‑mêmes.
Ce projet ignore également les violations répétées du cessez‑le‑feu par les États‑Unis, notamment le blocus maritime illégal, ainsi que les attaques contre des navires iraniens et leur saisie. De plus, l’invocation du Chapitre VII de la Charte des Nations unies est totalement injustifiée et disproportionnée.
Si cette résolution était adoptée, la crédibilité et la position du Conseil de sécurité seraient gravement affaiblies, les prérogatives exécutives du Conseil seraient politisées et un précédent dangereux serait créé pour légitimer des actions coercitives unilatérales et des comportements illégaux des États‑Unis portant atteinte à la souveraineté et aux droits souverains des États côtiers.
Permettre aux États‑Unis d’exploiter le Conseil de sécurité dans une crise qu’ils ont eux‑mêmes provoquée sans autorisation ni même information préalable du Conseil aurait des conséquences dévastatrices.
Je tiens à souligner que, sous réserve de l’arrêt permanent de la guerre et de la levée du blocus et des sanctions illégales contre l’Iran, la navigation maritime normale dans le détroit d’Ormuz reprendra. Par conséquent, la voie vers la stabilité réside dans le respect du droit international par les États‑Unis, et non dans l’exploitation du Conseil de sécurité d’une manière qui ne ferait qu’aggraver la situation.
Compte tenu de ce qui précède, ainsi que des pressions constantes exercées par les États‑Unis sur les États membres afin qu’ils participent à la présentation de ce projet de résolution à des fins politiques et propagandistes — une méthode que les États‑Unis ont déjà utilisée à plusieurs reprises, notamment dans le cadre de la résolution 2817 (2026) du Conseil de sécurité pour faire avancer leur agenda politique — je vous demande, ainsi qu’à votre gouvernement, d’adopter une position de principe et responsable en vous abstenant de soutenir ou de participer à ce projet de résolution.
Seyed Abbas Araghchi
Ministre des Affaires étrangères de la République islamique d’Iran
irna