La seule mosquée de Cuba, un phare de solidarité malgré les sanctions

11:29 - July 02, 2026
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IQNA-Au cœur de La Havane, la mosquée Abdallah occupe une place unique dans le paysage religieux cubain. Seule mosquée du pays, elle est devenue bien plus qu’un simple lieu de prière.

La seule mosquée de Cuba, un phare de solidarité malgré les sanctionsSelon New Arab. Dans un contexte marqué par les sanctions américaines, les pénuries de médicaments, les coupures d’électricité et les difficultés économiques, elle représente un véritable centre de solidarité, d’entraide et de diffusion des valeurs de l’islam.

Le bâtiment qui abrite aujourd’hui la mosquée était autrefois un musée consacré aux voitures anciennes. En 2015, avec l’autorisation des autorités cubaines, il a été transformé en lieu de culte ouvert au public. Son architecture coloniale, sobre et élégante, est agrémentée de versets coraniques qui ornent les murs intérieurs et créent une atmosphère propice à la méditation.

Chaque vendredi, des fidèles de différentes nationalités se retrouvent pour la prière. La mosquée accueille également des visiteurs venus de l’étranger qui apportent une aide précieuse à la communauté musulmane locale. Lors d’une récente visite, des musulmans américains ont livré des exemplaires du Coran traduits en espagnol, des tapis de prière, des vitamines certifiées halal, des médicaments en vente libre ainsi que des chargeurs solaires, des biens devenus particulièrement précieux dans une île confrontée à une grave crise énergétique.

Les sanctions imposées à Cuba compliquent considérablement l’accès à de nombreux produits essentiels. Les médicaments contenant des composants américains ou fabriqués par des entreprises soumises aux restrictions sont souvent difficiles, voire impossibles, à obtenir. Cette réalité affecte profondément la population, y compris les membres de la communauté musulmane.

Parmi les personnes rencontrées à la mosquée figuraient deux réfugiés palestiniens originaires de Gaza. L’un d’eux, médecin de profession, a expliqué avoir quitté Gaza avant de s’installer au Panama, puis à Cuba. Très affecté par la guerre et inquiet pour sa famille restée sur place, il a confié souffrir d’anxiété et avoir des difficultés à trouver les traitements médicaux dont il a besoin.

La solidarité s’exprime également au sein même de la communauté. Derrière l’espace réservé aux femmes, plusieurs cartons d’aide humanitaire envoyés par une organisation turque attendaient d’être distribués. Ces colis témoignent du soutien que des musulmans du monde entier apportent aux Cubains confrontés aux difficultés quotidiennes.

Parmi les fidèles se trouve Hiba, une jeune Cubaine convertie à l’islam. Elle explique que se procurer un voile, une abaya, un tapis de prière ou même des aliments halal est extrêmement compliqué. Lorsque ces produits sont disponibles, leurs prix sont souvent trop élevés pour de nombreuses familles. Selon elle, les priorités restent l’achat de nourriture et des produits de première nécessité.

Face à cette situation, Hiba s’est engagée dans des actions de solidarité. Elle collecte des vêtements pour les femmes musulmanes les plus démunies ainsi que pour les enfants vivant dans des conditions précaires. Elle organise également des collectes de fonds destinées à soutenir les membres les plus vulnérables de la communauté. Pour elle, la responsabilité d’un musulman est d’aider les autres, même avec des moyens limités.

Son parcours vers l’islam est singulier. Élevée dans une famille catholique, elle s’est très tôt interrogée sur le sens de la vie, l’existence de Dieu et l’origine de l’humanité. Après avoir étudié plusieurs croyances sans trouver de réponses satisfaisantes, elle s’est intéressée à l’islam à partir de 2023, notamment en découvrant la cause palestinienne et en échangeant avec des étudiants palestiniens et syriens présents à Cuba. Quelques mois plus tard, elle prononçait la profession de foi musulmane.

Selon Hiba, de nombreux nouveaux convertis cubains ont été touchés par la résilience du peuple palestinien. Les liens entre Cuba et les étudiants palestiniens sont anciens, notamment grâce à l’École latino-américaine de médecine, qui accueille depuis des années des centaines d’étudiants étrangers bénéficiant d’une formation gratuite.

Au-delà de sa fonction religieuse, la mosquée Abdallah est devenue un espace où se rencontrent différentes cultures et nationalités. Des musulmans originaires d’Algérie, du Maroc, du Nigeria, du Yémen, de Turquie, du Chili, de Syrie, de Palestine et des États-Unis y entretiennent des liens de fraternité avec les fidèles cubains.

Malgré les difficultés économiques et les effets des sanctions internationales, la mosquée Abdallah demeure un symbole d’espoir, de solidarité et d’ouverture. Elle montre que, même dans un contexte particulièrement difficile, la foi, l'entraide et les échanges culturels peuvent renforcer les liens entre les peuples et offrir un soutien concret à ceux qui en ont le plus besoin.

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