L’Entreprise nationale des arts graphiques (ENAG) a donné, mercredi, à Alger, le coup d’envoi de l’exportation d’une première cargaison de deux conteneurs du Saint Coran à destination de la Grande Mosquée de Paris. L’opération, menée en application des directives du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, s’inscrit en droite ligne avec la stratégie nationale visant à renforcer la politique d’exportation et à promouvoir l’économie nationale.
La cérémonie de départ s’est déroulée en présence du recteur de Djamaâ El Djazaïr, Cheikh Mohamed Maâmoun Al Kacimi Al Hoceini, de la Secrétaire générale du ministère de la Culture et des Arts, de représentants de la Mosquée de Paris et des personnalités intellectuelles comme Mahieddine Amimour, Amar Talbi, et Abdelkader Bendamèche.
« Nous avons assisté au lancement de la toute première opération d’exportation de l’ENAG, qui consiste en l’expédition de deux conteneurs de Corans à destination de la Grande Mosquée de Paris » a déclaré le PDG de l’ENAG. Selon Hichem Aïssani (nom à vérifier, voir bloc de vérification), « l’action s’inscrit pleinement dans le cadre de la stratégie de développement de l’entreprise visant à s’ouvrir sur les marchés internationaux et s’aligne directement avec la politique de l’État et du gouvernement, qui encourage l’investissement, la promotion des exportations et l’ouverture sur les marchés, en particulier européens et africains », a-t-il précisé.
« La démarche revêt une profonde symbolique qui dépasse le simple aspect commercial », a-t-il ajouté. « L’exportation génère des revenus en devises mais l’événement symbolise, avant tout, le lien indéfectible qui unit la Mosquée de Paris et la communauté algérienne établie à l’étranger à sa mère patrie », a-t-il affirmé. Il est revenu sur la haute technicité et l’excellence de la production nationale : « La dimension symbolique repose également sur la qualité de l’ouvrage : ce Coran a été imprimé selon des normes internationales et des technologies de très haute facture. De plus, il a été calligraphié par un Algérien, le Dr Mohamed Ben Saïd Cherifi, doyen des calligraphes en Algérie ». « Il s’agit d’une œuvre écrite en graphie algérienne, issue d’une impression 100 % algérienne, réalisée par des compétences locales au sein de l’ENAG, la plus ancienne et prestigieuse institution du pays dans ce domaine».
Une nouvelle dynamique à l’export
Il a mis ensuite en avant le nouveau cap de l’ENAG, qui veut conquérir les marchés extérieurs tout en consolidant son ancrage national dans l’édition, l’impression et l’industrie du livre en général, et du Saint Coran en particulier. Détaillant la consistance et le volume de l’envoi, le PDG a indiqué : « Ce premier lot comprend 25.000 exemplaires du Coran déclinés en différents formats, des éditions de luxe présentées dans des coffrets prestigieux. Cette concrétisation intervient en application directe des hautes directives du président de la République, qui insiste sur la diversification de l’économie, le soutien aux exportations et la création de nouvelles opportunités pour générer de la valeur ajoutée pour l’Algérie. »
Aïssani a conclu son intervention en dévoilant les perspectives de la société : « Dans cette même trajectoire, nous travaillons sur un projet d’envergure : l’édition du Saint Coran traduit en langue française », a-t-il déclaré.
Un calligraphe distingué par les plus hautes autorités
L’exemplaire a été entièrement conçu par le Professeur Cherifi, une des figures majeures de la calligraphie arabe dans le monde islamique. Il a notamment été chargé de tracer les versets coraniques et d’apporter les ornements au sein de Djamaâ El Djazaïr. Le Professeur a fait l’objet d’un hommage officiel de la part du président de la République, qui lui a personnellement décerné la prestigieuse médaille de « Wissam el-Alim El Djazaïri » au Palais du Peuple. Afin de pérenniser son héritage, les institutions ont officialisé la création du Prix Mohamed Ben Saïd Cherifi de calligraphie arabe, qui porte son nom et qu’abrite le Musée de la civilisation islamique.
Cette dynamique intervient alors qu’à la Grande Mosquée de Paris est prévue, du 16 juillet au 24 septembre prochain, une exposition intitulée « Calligraphie arabe : l’encre, le point, le trait », qui coïncide avec le centenaire de l’institution, qui organise aussi la première édition de son Concours international de calligraphie arabe pour mettre à l’honneur cet art majeur du monde musulman.
Horizons.dz