
Elle s’appelle Mariam Bacchus. Elle a 15 ans. Elle est musulmane. Elle porte le voile. Jusque-là rien de très original. Ce qui l’est moins en revanche, c’est le prix qu’elle vient de remporter.
Organisé depuis 2002 par l’organisme privé Histoire du Canada, Passages Canada est un concours d’écriture et de création artistique qui a vocation à explorer « l’identité culturelle, le racisme et l’immigration ». « Nous acceptons tous les styles d’écriture (essai, réflexion, pièce de théâtre, poésie, lettre, etc.) et toutes les oeuvres d’art bidimensionnelles qui sont accompagnées d’un commentaire de l’artiste (ne doit pas dépasser 200 mots), expliquant l’oeuvre et comment elle reflète la question repère », lit-on sur le site officiel.
La jeune Mariam Bacchus a choisi d’envoyer un texte d’un peu plus d’une page au titre évocateur : « Unveiled » (Dévoilée). Elle y raconte ses origines, sa différence et sa religion, l’islam.
« You’ve asked me about racism and discrimination but it’s more than that. It’s ignorance.
So yes, I am a Muslim. Yes, I am an immigrant. No, I’m not a terrorist. No, that doesn’t give you
the free license to treat me like one. »
Traduction : « Vous m’avez interrogée à propos du racisme et de la discrimination, mais c’est plus que cela. C’est de l’ignorance. Donc oui, je suis musulmane. Oui, je suis immigrée. Non, je ne suis pas une terroriste. Non, cela ne vous autorise pas à me traiter comme telle. »
Ce ne sont pas moins de 400 élèves et étudiants qui ont participé au concours. Mariam Bacchus est primée dans la catégorie intermédiaire. Si vous lisez l’anglais et que vous voulez découvrir son texte, cliquez sur le lien suivant (document au format PDF) : Mariam Bacchus – Unveiled .
Et si le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) organisait un tel concours aux côtés de partenaires qui parraineraient l’évènement et permettraient ainsi de primer joliment les lauréats ? Une telle manifestation pourrait un tant soit peu permettre aux victimes de l’islamophobie et à celles et ceux qui veulent en parler de dire cette haine, voire de l’exorciser et de la faire reculer. Qu’en pensez-vous ?
Source: Al-kanz