
Elle aurait pu lancer crânement, et non sans dérision, « I’m muslim, don’t panic », si elle n’avait été aussi abasourdie par la requête, et consternée par le mot d’ordre délétère « Renvoyons les musulmans chez eux » mis en exergue sur le bout de papier que lui tendait avec insistance une obscure militante islamophobe. Deb Benetta a néanmoins réussi à surmonter l’effarement des premiers instants pour s’indigner devant son interlocutrice interloquée : "Je suis musulmane et une citoyenne américaine tout comme vous, alors où comptez-vous donc m’envoyer ou me renvoyer ?", s'est-elle emportée.
A ces mots, la femme en mission commandée, désarçonnée par sa grosse bourde, n’a pas demandé son reste, et c’est en déguerpissant de la station service, sa pétition ordurière à la main, qu’elle a offert l’affligeant spectacle de l'infinie lâcheté du racisme anti-musulman, entaché d'une ignorance crasse.
"Comment ne pas être choquée et humiliée par ces actions odieuses, irresponsables et répréhensibles, qui arrivent encore à nous surprendre au moment où on s’y attend le moins ? Tout cela conditionne les gens à haïr les musulmans, à en faire d’éternels aliens, c’est affreux. Les musulmans sont pacifiques, je ne cesse de le répéter, et je voudrais tellement que l’on nous considère comme des êtres humains et pas comme des monstres", s’est exclamée, encore sous le choc, Deb Benetta, en confiant aux médias locaux que, selon elle, la méconnaissance de l’islam sciemment banalisée constitue un vrai danger mais aussi l’obstacle majeur à la construction d’une société tolérante.
"Être musulman ne signifie pas que vous êtes d'un autre pays. Je suis Américaine", a-t-elle insisté, en ne cachant pas sa vive inquiétude face à la recrudescence de l’islamophobie qui frappe l'Amérique en plein cœur, alors que les projecteurs sont braqués sur une actualité internationale complexe, tumultueuse, et insoutenable, ainsi que sur la surenchère dans l’horreur de l’EI.
oumma