Selon le rapport de l'Agence iranienne de presse coranique (IQNA) citant "AFP","Nous dénonçons l'islamophobie, qui existe, mais aussi la phobie anti-occidentale qui est une réalité chez certains musulmans européens. C'est notre devoir de musulmans de tenter de construire un pont entre l'ouest et l'est", a déclaré à l'AFP M. Al-Rawi, britannique, et irakien de naissance, à l'occasion du 23è Congrès de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) au Bourget (Seine-Saint-Denis).
"Certains de nos frères pensent que les pays et les gouvernements occidentaux sont toujours contre eux. C'est faux", a-t-il affirmé.
"La politique extérieure de la France, qui s'est opposée à la guerre en Irak, est la meilleure en Europe". Mais la France "n'est pas la plus progressiste, celle de l'Allemagne non plus, pour l'intégration des musulmans", a-t-il dit.
Selon M. Al-Rawi, les musulmans sont "affectés" par "la guerre en Irak, le conflit palestinien et les attentats comme ceux de New York en septembre 2001 ou de Londres en juillet 2005. "Tout cela n'a rien de religieux. Nous condamnons toutes ces violences. Il y a des extrémistes dans toutes les religions. En Bosnie, nous n'avons pas parlé d'un extrémisme orthodoxe, mais d'un extrémisme serbe", souligne-t-il.
Pour M. Al-Rawi, dont le siège de l'organisation regroupant des mouvements souvent proches des Frères musulmans -dont l'UOIF en France- se trouve à Leicester, "nous devons servir nos sociétés, sur les plans économique, social, culturel. Nous devons soutenir les causes justes, qu'elles concernent l'islam ou non", a-t-il dit, expliquant s'être élevé contre la guerre en Irak "illégale" ou "l'oppression" des Palestiniens, mais aussi avoir soutenu les droits du Timor occidental.
"Nos sociétés sont multiculturelles. Dans le Royaume-Uni, où nous sommes plus de deux millions de musulmans, il y a moins de discriminations que dans d'autres pays, nous avons le droit de pratiquer complètement, nos jeunes femmes, même en foulard, sont très actives dans l'éducation par exemple", a-t-il dit, critiquant implicitement la France pour la loi de mars 2004 interdisant le foulard dans les écoles.
M. Al-Rawi, qui participe à une commission de dialogue islamo-chrétien, avec le Vatican, estime que "le dialogue inter-religieux, que la communication sont essentiels".