Patriarche latin de Jérusalem: "le boycott d'un peuple est toujours injuste"

21:11 - May 16, 2006
Code de l'info: 1478370
Service international: Le patriarche latin de Jérusalem Michel Sabbah a dénoncé, lundi à Paris, l'arrêt de l'aide internationale aux Palestiniens après la victoire du Hamas affirmant, que "le boycott d'un peuple est toujours injuste" et qu'on "ne peut pas démolir un peuple pour démolir un régime".
Selon le rapport de l'Agence iranienne de presse coranique (IQNA) citant "AFP",
"Ce n'est pas juste de boycotter un gouvernement qui a été élu par un peuple dans des élections imposées par la communauté internationale et selon des critères de la communauté internationale", a ajouté Mgr Sabbah, premier Palestinien patriarche latin de Jérusalem, lors d'une conférence de presse à l'invitation du Club de la presse arabe.

Pour Mgr Sabbah, "la France est le pays le plus conscient de la problématique du Moyen-Orient" et elle "traite avec l'élément humain dans le Moyen-Orient".

Cette situation a été évoquée par le président Jacques Chirac, qui a reçu lundi matin Mgr Sabbah et cinq autres patriarches catholiques orientaux. Selon Mgr Sabah, M. Chirac a parlé "de ses efforts pour débloquer la situation, pour trouver des moyens pour pouvoir dépasser ce boycott".

"La France et la communauté internationale ont compris qu'elles sont rentrées dans une opération fausse, injuste, à l'égard du peuple palestinien", a analysé Mgr Sabbah. Elles "veulent trouver des possibilités de faire marche arrière. J'espère qu'elles y arriveront", a-t-il dit, précisant que cela reviendrait à "donner tout l'appui nécessaire à ce peuple palestinien".

Ces aides "sont une obligation de la communauté internationale parce que cette oppression imposée au peuple palestinien depuis 50 ans, ce n'est pas seulement le produit du conflit Israël-Palestine (...) c'est une oppression imposée également par l'action, ou l'inaction, de la communauté internationale", a-t-il affirmé.

L'aide financière n'est cependant pas suffisante à ses yeux car "donner du pain, c'est bien, mais un peuple a besoin de sa liberté avant son pain quotidien pour l'obtenir tout seul et ne pas rester à la merci de tout le monde".
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