Selon le rapport de l'Agence iranienne de presse coranique (IQNA) citant "LALIBRE", la Lauréat du prix Priktzer en 1983, I.M. Pei est considéré comme un des plus grands architectes de notre époque.
Il a pu obtenir de construire ce musée sur une presqu'île artificielle construite en mer, à 60 m de la corniche de Doha, afin d'être isolé des hôtels et des magasins. Pour ce musée, Pei a recherché l'essence de l'architecture islamique. Une tâche difficile, car de Cordoue à Samarcande, l'art islamique est varié.
Il explique s'être inspiré de la mosquée d'Ahmad Ibn Tulun au Caire (876-879), qui lui paraît la plus pure. Le musée apparaît comme un jeu de formes géométriques simples, s'emboîtant les unes dans les autres pour former une tour.
Les jeux d'ombres et de lumières réalisés par le soleil du Golfe, en sont le seul ornement. L'émir du Qatar prépare cette ouverture en achetant dans les salles de vente du monde, les plus belles pièces d'art islamiques. En avant-première, on peut avoir une idée de ces trésors, en se rendant, avant le 26 juin, au Louvre qui présente une cinquantaine de chefs-d'oeuvre choisis dans la magnifique collection constituée par l'État du Qatar.
Des pièces d'exception sélectionnées témoignent d'une civilisation très riche et variée, couvrant trois continents et treize siècles, du VIIe au XIXe: des céramiques d'une grande pureté, des vases en verre, des amulettes en émeraudes, une superbe amulette en jade venue d'Inde, un cor de chasse en ivoire sculpté venu d'Italie, une très belle biche en bronze provenant de Cordoue et ayant servi pour une fontaine, de la vaisselle en or, un Yatagan finement ciselé de Turquie, le plus bel astrolabe sans doute...
Cette expo accompagne le projet de redéploiement des collections des arts de l'islam du Louvre dans de futurs espaces créés cour Visconti, et cela grâce à un don très important du prince Alwaleed Bin Talal Bin Abdulaziz Al Saud d'Arabie Saoudite. Avec 10.000 oeuvres, le musée du Louvre possède l'une des collections les plus riches et les plus belles du monde dans les arts de l'islam.
Le projet retenu pour la cour Visconti est celui de l'architecte Rudy Riciotti (lire à la page précédente). Les espaces seront recouverts par un voile lumineux discrètement diffusant, flottant délicatement sur la muséographie. Notons qu'en Belgique aussi, les arts de l'islam ont la cote et Anne Cahen, directrice du Cinquantenaire, se bat pour obtenir les crédits afin d'ouvrir les salles islamiques dans son musée.
Une nécessité, en Belgique comme en France, pour informer les générations immigrées de l'art fabuleux de leurs pays d'origine et pour combler la fracture culturelle entre nos pays et l'islam.
«De Cordoue à Samarcande, chefs-d'oeuvre du nouveau Musée d'art islamique de Doha», au Louvre, jusqu'au 26 juin.