Selon le rapport de l'Agence iranienne de presse coranique (IQNA) citant "AFP", dans une déclaration adoptée à l'issue de leurs travaux dimanche soir, ils ont souligné que les quelque 15 millions de musulmans européens "sont aujourd'hui chez eux en Europe" et condamnent "les actions violentes d'une petite minorité de musulmans qui ont déclenché la violence et la terreur en détournant les enseignements de l'islam".
"Nous rejetons le cancer du terrorisme", poursuit le texte, "l'islam n'autorise en aucune circonstance le terrorisme et le meurtre de civils".
Après les attentats de Londres et de Madrid et la controverse sur les caricatures de Mahomet, ce message va dans le sens de déclarations similaires, faites notamment au sommet de l'Organisation de la conférence islamique en décembre.
La conférence, organisée avec le soutien du Foreign Office, réunissait des sensibilités musulmanes très diverses.
Outre l'influent cheikh qatari d'origine égyptienne Youssouf al-Qaradaoui, président du Conseil européen de la fatwa, le professeur suisse Tariq Ramadan, qui enseigne à l'université britannique d'Oxford, le prédicateur égyptien Amr Khaled, le grand mufti de Bosnie Moustapha Ceric étaient présent.
Les responsables de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) Lhaj Thami Breze et Fouad Alaoui, également vice-président du Conseil français du culte musulman (CFCM), le cheikh soufi Khaled Bentounes, l'ancien Premier ministre de Malaisie Anouar Ibrahim ou le Tunisien Rachid Ghannouchi y participaient également.
La déclaration finale souligne que l'islam reconnaît la liberté de religion. Les musulmans se doivent d'assumer "une citoyenneté active" avec droit de critique et d'être "des citoyens loyaux obligés de défendre leurs pays en cas d'agression".
Mais beaucoup souffrent d'islamophobie et de discriminations, en particulier les jeunes, regrette le texte, appelant à éliminer "les injustices, comme en Palestine, qui ont contribué au désespoir de nombreux musulmans et populations à travers le monde".
"Il y a une véritable réticence politique en Europe à reconnaître la visibilité des musulmans dans l'espace citoyen", a noté Mohamed Mestiri, responsable de l'Institut international de la pensée islamique, soulignant la nécessité de prendre en compte la pluralité des identités musulmanes. "Le radicalisme est l'expression d'une frustration identitaire".
De son côté, le cheikh Qaradaoui s'est élevé contre toute idée de vie retranchée pour les musulmans européens. "Notre présence en Europe n'a rien d'étrange, le monde est devenu un village", a-t-il poursuivi. Mais "nous voulons vivre sur cette terre comme des musulmans", avec notamment l'obligation selon lui de porter le voile pour la femme musulmane.
"L'intégration religieuse est faite, maintenant il est temps d'apporter notre contribution à la société" en aidant à créer "un nouveau Nous pour réconcilier nos sociétés avec leurs propres valeurs", a estimé Tariq Ramadan, également président de l'European Muslim Network (EMN).
Il a appelé les musulmans à "éviter le piège de la victimisation", soulignant que "notre nouvelle visibilité soulève des questions légitimes pour nos concitoyens, nous devons y répondre".