Gaza (IQNA)-Israël arrête le numéro deux du gouvernement palestinien dirigé par le Hamas

14:51 - August 20, 2006
Code de l'info: 1493346
L'armée israélienne a accentué la pression sur le gouvernement palestinien dirigé par le Hamas en arrêtant son vice-Premier ministre, Nasser Shaer, dans le cadre de son offensive contre le parti islamiste après l'enlèvement du soldat israélien Gilad Shalit
Nasser Shaer, 45 ans, a été arrêté samedi à 04H30 (01H30 GMT) à son domicile de Ramallah, a indiqué à l'AFP son épouse, Huda. Selon des sources sécuritaires palestiniennes, une trentaine de véhicules de Tsahal ont pénétré dans la ville pour son arrestation.
Un porte-parole de l'armée israélienne a indiqué que cette arrestation relevait "de la lutte contre le mouvement radical Hamas", qui refuse de reconnaître l'Etat hébreu et de renoncer à la violence.

Ancien doyen de la faculté islamique al-Najah de Naplouse, ce père de six enfants, également ministre de l'Education, fait figure de technocrate et de modéré au sein du Hamas.
Cette arrestation constitue "la poursuite du feuilleton criminel auquel se livre le gouvernement d'occupation" contre le gouvernement palestinien, a dénoncé son porte-parole, Ghazi Hamad. "L'objectif d'Israël n'est autre que la disparition d'un gouvernement ou d'une autorité palestinienne, ou leur affaiblissement", a-t-il ajouté.

Le parti islamiste a rejeté un "chantage politique contre la légalité palestinienne et son gouvernement élu".
Une soixantaine de responsables du Hamas, dont le président du Parlement Aziz Doweik, huit ministres et 26 députés, ont été arrêtés depuis le 29 juin par l'armée israélienne. Quatre ministres et le vice-président du Parlement ont entre-temps été libérés.

Ces arrestations ont commencé après l'enlèvement, le 25 juin, d'un soldat israélien par des groupes armés palestiniens, dont la branche armée du Hamas.

Pour Saëb Erakat, principal négociateur palestinien, "cette arrestation sape les efforts déployés pour former un gouvernement d'union nationale appliquant le programme du président Abbas". "Nous appelons à sa libération immédiate ainsi qu'à la libération du président du parlement Aziz Doweik et de tous les autres ministres et députés détenus", a-t-il insisté.

Le ministre égyptien des Affaires étrangères Ahmed Aboul Gheit, dont le pays est impliqué dans les efforts pour la libération du soldat israélien, a condamné la capture, affirmant que Le Caire refusait les "tentatives d'Israël d'imposer sa volonté au peuple palestinien".

Des discussions entre le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et le Premier ministre Ismaïl Haniyeh se sont déroulées cette semaine en vue de former un gouvernement d'union nationale regroupant Hamas et Fatah.
Mais M. Haniyeh a posé entre autres conditions la libération préalable de "tous les ministres et députés" du parti islamiste.

"Il n'y aura pas de gouvernement d'union nationale tant que les ministres et responsables élus se trouveront dans les prisons israéliennes", a-t-il déclaré vendredi à Gaza.
M. Abbas souhaite la formation d'un tel gouvernement pour mettre fin à la crise que traverse l'Autorité palestinienne depuis l'arrivée au pouvoir du Hamas, en mars.
Cette crise est notamment due au gel par les Etats-Unis et l'Union européenne d'une grande partie de leur aide aux Palestiniens.

Washington et l'UE boycottent le Hamas, qu'ils considèrent comme une organisation "terroriste", et exigent qu'il reconnaisse Israël, les accords signés avec lui et renonce à la violence.

Elle a été accentuée par l'offensive militaire contre la bande de Gaza, lancée le 28 juin après l'enlèvement du caporal israélien Gilad Shalit et pour faire cesser les tirs de roquettes depuis la bande de Gaza sur Israël, qui a fait au moins 180 morts côté palestinien.

Israël a officiellement exigé la libération sans condition du soldat Shalit, mais son père Noam a affirmé jeudi que l'Etat hébreu était prêt "en principe" à libérer des détenus palestiniens en échange
source: AFP
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