"Maintenant, le temps d'un dialogue entre les différentes religions est venu", a déclaré l'imam Sami Salem à la radio romaine R101, quelques heures avant une rencontre à la mairie de Rome avec le cardinal français Paul Poupard, président du Conseil pontifical pour la dialogue interreligieux.
Une déclaration qui tranche avec son jugement de la veille lorsqu'il avait estimé que les propos de Benoît XVI sur l'islam la semaine dernière lors de son voyage en Allemagne avaient engendré un "retour en arrière de plusieurs années".
Mais "le pape a fait un pas en arrière avec ses propos" dimanche au cours de l'Angélus quand il a exprimé ses regrets, "et il a ainsi donné un signal positif au développement du dialogue", a-t-il estimé mardi.
Il a souhaité que la rencontre de mardi, prévue de longue date pour le lancement d'une revue interreligieuse, à laquelle participera également le grand rabbin de Rome Riccardo Di Segni, "ouvre une nouvelle phase d'amour et de compréhension entre les religions".
Après plusieurs jours de violente polémique dans le monde musulman, assortie de menaces contre le pape, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a exprimé dans la nuit de lundi à mardi son "respect" pour Benoît XVI, estimant que ses paroles sur l'islam et la violence ont été "modifiées".
"Nous respectons le Pape et toutes les personnes qui s'intéressent à la paix et la justice. J'ai entendu de sa part que les paroles qu'il avait émises ont été modifiées", a déclaré M. Ahmadinejad.
Son pays avait violemment critiqué Benoît XVI par la voix notamment du guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, qui avait qualifié lundi les propos du pape de "dernier maillon" en date d'une croisade américano-sioniste contre l'islam.
Le président américain George W. Bush a pour sa part "noté" les regrets du pape et les a jugés "sincères", a fait savoir la Maison Blanche.
Contrairement aux jours précédents, aucune manifestation violente contre les propos du pape n'avait été enregistrée mardi à la mi-journée.
Après la hiérarchie catholique qui avait exprimé sa solidarité avec le pape lundi, c'est la classe politique italienne qui est montée au créneau mardi.
"La lâcheté de l'Occident par rapport à l'islam est honteuse", a tonné Gianfranco Rotondi, président du parti Démocratie Chrétienne (centre-droit).
"Le monde islamique a poussé le bouchon trop loin. Le pape est intervenu pour exprimer ses regrets. Le discours peut plaire ou ne pas plaire mais si à chaque fois qu'un discours ne plaît pas le monde se met à dresser des bûchers, cela finira mal", a lancé Piero Fassino, secrétaire général des Démocrates de gauche (DS), principal parti de la coalition gouvernementale
"Le Saint-Père a été abandonné par l'Occident et l'Europe, nous devons avoir honte de notre réaction. Si nous n'avons pas le courage de défendre notre identité, nous n'aurons aucun avenir", a averti Pier Ferdinando Casini, ancien président chrétien-démocrate de la Chambre des députés.
Source: AFP