Le Parti des Jeunes Musulmans (PJM) a été fondé à Bruxelles par Jean-François "Abdullah" Bastin, un Belge de 62 ans converti à l'islam dans les années 1970. Il prône le respect absolu par les autorités des "exigences de la population musulmane", et notamment du foulard.
S'il reproduit le 8 octobre un score similaire aux 3% qu'il avait réalisés à Anderlecht lors des élections régionales de 2004, le PJM devrait être en mesure de faire élire un ou deux de ses candidats au conseil municipal.
Peuplée de près de 100.000 habitants, dont une forte proportion d'origine marocaine et turque, Anderlecht est l'une des communes les plus pauvres de la région bruxelloise.
Dans son salon transformé en QG de campagne, le "cheikh Bastin" se dit heureux que les élections tombent cette année durant le ramadan, "une période où les musulmans ont encore plus la conscience d'être des musulmans".
Souriant, arborant une longue barbe teinte au henné et un turban multicolore, la tête de liste du PJM à Anderlecht se dit confiant de pouvoir réaliser une "percée", bien qu'il n'ait réussi à rassembler que cinq candidats sur sa liste.
Le parti musulman, qui présente également six candidats à Molenbeek -- autre commune bruxelloise à forte population immigrée-- devra cependant probablement se contenter des bancs de l'opposition.
Au même titre que les formations d'extrême droite Front National et Vlaams Belang, le PJM est en effet considéré comme infréquentable par les autres partis.
"Il n'est pas question de collaborer avec un parti fondamentaliste et anti-européen, qui prône le rejet de l'autre(!)", affirme la tête de liste du Parti socialiste (PS), Eric Tomas, en campagne dans le centre d'Anderlecht.
Engagé dans une lutte serrée avec le bourgmestre (maire) actuel, le libéral Jacques Simonet, M. Tomas estime que "le vote musulman est un phénomène qui ne prend pas" dans sa commune et que les électeurs préfèreront "voter utile".
Pour éviter l'apparition de formations "communautaristes" --le PJM reste le seul parti communautaire à Bruxelles -, les partis traditionnels présenteront le 8 octobre un grand nombre de candidats d'origine étrangère.
Fustigeant cette "manoeuvre", le Partis des Jeunes Musulmans fait figurer en haut de ses revendications la "liberté de porter le foulard à l'école, au travail ou dans les hôpitaux" et la création d'écoles musulmanes.
Pour Jamal Ikazban, échevin (adjoint) chargé de la Jeunesse et du Sport à Molenbeek, l'impact du PJM devrait cependant être "réduit" dans cette commune où le bourgmestre socialiste Philippe Moureau s'est entouré de plusieurs adjoints issus de l'immigration comme M. Ikazban.
Le PJM est "est né de frustrations d'une partie de la population musulmane, mais je pense que la majorité votera pour une coexistence harmonieuse et ne se lancera pas dans ce type d'aventure", explique M. Ikazban.
Jean-François Bastin estime lui que "les immigrés en ont assez fait, et même trop, pour s'intégrer" et que "c'est maintenant à la Belgique de s'adapter".
En cas de succès de sa liste aux municipales, le chef de la petite formation musulmane compte bien se présenter aux législatives belges prévues en mai ou juin 2007.
Source: AFP