Londres (IQNA)- Le chef de Scotland Yard appelle au calme dans le débat sur le voile

10:00 - October 27, 2006
Code de l'info: 1504753
Le chef de Scotland Yard a appelé jeudi au calme dans le débat sur le port du voile islamique, en cours depuis quelques semaines en Grande-Bretagne, estimant que "trop de déclarations de trop de gens" n'aidaient pas à désamorcer les tensions.
Sir Ian Blair a admis que de nombreuses femmes issues de communautés minoritaires se sentaient davantage persécutées depuis la controverse lancée début octobre par Jack Straw, ministre des Relations avec les députés, qui s'était dit personnellement favorable à ce que les musulmanes ne portent pas de voile.
Parmi les nombreuses prises de position qui avaient suivi, le Premier ministre Tony Blair avait estimé que le voile (niqab, qui ne laisse apparaître que les yeux) était une "marque de séparation" et appelé à une discussion plus large sur l'intégration.
"Nous devons garder notre calme et arrêter trop de déclarations de trop de gens", a estimé Ian Blair jeudi devant les responsables de la police métropolitaine de Londres, soit Scotland Yard.
Les "menaces terribles" d'agitation civile n'aident pas non plus, a-t-il ajouté, souhaitant que les gens "laissent les choses inchangées".
Les divisions risquent de devenir "le déclencheur de la spirale sans fin qui a conduit aux émeutes dans le nord de l'Angleterre il y a cinq ans", a-t-il prévenu.
"J'accepte la conclusion évidente qu'il y a des tensions considérables en conséquence (de la controverse). Je pense que la chose importante cependant est de faire en sorte de garder notre calme", a-t-il dit, soulignant qu'aucun chiffre officiel ne permettait de mettre en évidence une hausse des crimes liés à la religion, en raison de ce débat.
De son côté, l'intellectuel musulman suisse Tarik Ramadan a estimé lors d'une conférence multi-confessionnelle que "certains hommes politiques utilis(aient) ce (débat) parce qu'ils ont des priorités à défendre".
En Grande-Bretagne, et plus largement en Europe, il y a un mouvement pour "essayer de changer la loi en encourageant les craintes", a-t-il estimé.

Source: afp
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