Faisant la promotion de son plus récent livre, Muhammad, Vie du Prophète. Les enseignements spirituels et contemporains, M. Ramadan a soulevé les contradictions de certains conceptions actuelles de l'islam en se servant de la vie de Mahomet.
«L'islam n'est pas un système clos. Il n'y a pas d'opposition avec un «système» occidental. Quand il y a une bonne idée, il faut l'intégrer, quand il y a une bonne valeur, il faut la prendre» a dit le professeur d'université devant plus de 700 personnes venues l'écouter à l'Université du Québec à Montréal.
Selon M. Ramadan, il n'y a pas de contradiction entre l'islam et l'Occident. «Les musulmans doivent respecter le principe fondamental de justice, même s'il est venu avant l'islam, a-t-il soutenu. Les musulmans canadiens doivent respecter la Constitution canadienne. Les convertis ne doivent jamais oublié leur passé et leur culture. Nous devons responsabiliser plutôt que condamner.» Si dans plusieurs pays, les musulmans ne respectent pas ces principes, ceux qui ont la chance de vivre en Occident doivent profiter de la liberté qu'ils ont pour le faire, a-t-il suggéré.
Né à Genève en 1962, professeur et auteur de nombreux ouvrages, petit-fils d'Hassan el Banna, fondateur de l'organisation islamiste des Frères musulmans, Tariq Ramadan fait salle comble partout où il donne des conférences. Le magazine Time le classe parmi les 100 plus grands penseurs du XXe siècle. Il a tout récemment reçu le prix de l'Européen de l'année remis par la magazine European Voice, dans la catégorie des personnalités n'étant pas des citoyens de l'Union européenne. Il a été engagé comme professeur à la prestigieuse Université Notre-Dame, aux États-Unis, avant que le gouvernement américain ne lui retire son permis de travail. Depuis plus d'un an, il est professeur invité à l'Université Oxford, en Angleterre. Parmi les musulmans francophones, surtout les jeunes, sa popularité est incontestable.
Mais c'est aussi un personnage très controversé en Europe. Certains ont dit de lui qu'il était «l'une des figures les plus contestées de la scène intellectuelle européenne». Plusieurs intellectuels français le considèrent comme un prédicateur islamiste qui utilise un double discours. La journaliste Caroline Fourest, dans son livre Frère Tariq: Discours, stratégie et méthode de Tariq Ramadan, peint un portrait très sombre de l'homme. Une demi-douzaine de livres on été écrits sur lui, et personne n'arrive à percer son mystère.
Son passage à Montréal a même soulevé une certaine polémique. Un quotidien montréalais avait même suggéré cette semaine que l'UQAM faisait erreur en invitant un personnage aussi controversé. La réponse de Tariq Ramadan: «Je suis déçu qu'on importe avec superficialité des débats européens qui manquent de profondeur et qu'on remette en question la liberté d'expression académique. Si vous voulez un débat de fonds, ouvrons-le.»
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