Paris (IQNA)- Les avocats de la Grande mosquée plaident l'injure raciale

9:19 - February 09, 2007
Code de l'info: 1519573
Les avocats de la Grande mosquée de Paris, qui poursuivent "Charlie Hebdo" pour avoir publié des caricatures du prophète, ont estimé jeudi que la revue satirique s'était rendue coupable d'injure raciale en assimilant les musulmans aux terroristes.
Le ministère public a pour sa part requis la relaxe. Le jugement sera mis en délibéré à l'issue des plaidoiries de la défense.
"Il est grotesque de venir nous soutenir que les associations que nous représentons cherchent à faire rétablir un quelconque délit de blasphème", a plaidé Me Christophe Bigot, l'un des deux avocats de la Grande mosquée de Paris. La stratégie de "Charlie Hebdo" a été, selon lui, de représenter ses clients comme des "citoyens qui veulent faire régresser la justice et faire retomber la France dans je ne sais quel pays barbare".
La Grande mosquée de Paris et l'Union des organisations islamistes de France (UOIF) poursuivent trois dessins publiés par "Charlie Hebdo" dans son numéro du 8 février 2006.
Ces caricatures, pratiquant amalgame entre Islam et terrorisme, a soutenu Me Bigot. Son confrère, Me Francis Szpiner, a affirmé que ces "caricatures inacceptables véhiculent un message qui porte atteinte à la dignité des musulmans" en assimilant le musulman au terroriste.
Un peu plus tôt dans la journée, François Bayrou, président de l'UDF, cité comme témoin par la défense de "Charlie Hebdo" a considéré que ces dessins ne représentaient pas, à ses yeux, "une offense lourde en direction de la communauté musulmane".
Le candidat à l'élection présidentielle n'a pas eu le sentiment que ces caricatures pratiquaient l'amalgame, tant dénoncé par les associations. Dans celle de Cabu, "il y a une manière d'épargner le prophète et de diriger les flèches vers ceux qui, en dérivant, trahissent son enseignement".
Et de réaffirmer avec force, comme l'on fait mercredi Nicolas Sarkozy, de façon épistolaire, et François Hollande à la barre, qu'il se rangerait "au côté de ceux qui refusent de porter atteinte à la liberté de critique et qui défendent la liberté d'être acide". Et ce, quelle que soit l'importance que prennent ses convictions religieuses dans sa vie.
Mohamed Sifaoui, journaliste, cité par la défense, a montré au tribunal le drapeau de l'Arabie saoudite sur lequel le premier pilier de l'Islam est accompagné.

Source: Obs nouvel
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