Il n'y pas de lien direct entre religion et vote mais il y en a un entre pratique religieuse et vote, explique Jean-Marie Donegani, du Cevipof (Centre de recherches politiques de Science Po). Il distingue en effet la pratique "institutionnelle" de la pratique "personnelle". Un catholique qui va à la messe, se confesse, s'est marié à l'église, fait baptiser ses enfants vote plus à droite qu'un catholique non pratiquant. Mais paradoxalement s'il lit la Bible, participe à des retraites, s'active dans les associations.
C'est vrai pour toutes les religions, insiste M. Donegani, mais les non pratiquants sont en France la majorité. Il relève aussi qu'aujourd'hui chacun a une "définition personnelle et mouvante" du fait religieux.
Le sondage sur les préférences politiques, et non sur les intentions de vote, témoignait de la variété des opinions au sein des familles confessionnelles.
Dans la perspective de la présidentielle, le recteur Dalil Boubakeur, président du Conseil français du Culte musulman (CFCM), s'est dit prêt à rencontrer les candidats "pour évoquer la place du culte musulman dans notre pays".
Le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) Roger Cukierman "ne donnera aucune consigne, si ce ne n'est d'aller voter et de ne pas contribuer à la banalisation des idées xénophobes".
La Conférence des évêques de France a insisté sur "la solidarité à tous les niveaux", notamment à propos de l'immigration et de la mondialisation. Les protestants et les autres cultes ne se sont pas encore exprimés.
D'ailleurs, aucune des institutions religieuses ne donne de franches consignes de vote, renvoyant chacun à sa conscience.
Source: AFP