Le Caire (IQNA) - La Foire du Livre au Caire submergée par l'édition islamique

16:35 - February 03, 2007
Code de l'info: 1523442
La Foire du livre du Caire, la plus importante du monde arabe, semble submergée par l'édition islamique, réduisant aux marges la littérature et les ouvrages scientifiques.
Sitôt passées les portes d'accès du parc d'exposition, 1400 stands proposent jusqu'à dimanche, sur 80.000 m2, livres, cassettes et CD à dominante religieuse, dans une atmosphère de kermesse populaire.
Près de 2 millions de personnes, selon les organisateurs, auront visité la 39e édition d'une foire qui surclasse, par sa taille celles deBeyrouth, Casablanca et Abou Dhabi.
A l'instar de la foire de Francfort, la grande référence internationale, le principe d'un pays "invité d'honneur" a été institué, avec l'Italie cette année, après l'Allemagne l'an dernier.
Des rencontres entre écrivains égyptiens -Gamal Ghitani, Alaa al-Aswany, Ahmad al-Aïdi- et italiens -Claudio Magris ou Antonio Tabucchi- ont été organisées, au centre culturel italien.
Pour l'ambassadeur d'Italie au Caire, Antonio Badini, il y a "encore du chemin à faire, mais ce sont des signes encourageants du dialogue des cultures, et cela passe par plus de traductions réciproques".
"C'est vrai que les éditeurs hors du monde arabe sont peu nombreux, et nous essayons de les faire venir", affirme le patron de la Foire, Nasser al-Ansari, ancien directeur de l'Institut du Monde arabe (IMA) à Paris. Directeur de l'Organisation générale du Livre égyptien (OGLE), la plus grande maison d'édition publique, il se félicite de la présence de l'auteur turc Orhan Pamuk. "Je crois que ses livres seront les grands succès de la Foire, à part les livres religieux", estime al-Ansari.
Parmi 700 éditeurs présents, égyptiens ou d'autres pays arabes, la grande majorité offre des livres religieux. "Nous leur réservons un quart de notre catalogue", dit M. Ansari.
Outre d'innombrables éditions subventionnées du Coran, certaines richement reliées avec dorures, ou recueils de fatwas figurent à profusion livres, cassettes ou CD de prédicateurs conservateurs ou islamistes.
Les défunts prédicateurs tels les cheikhs égyptiens Charaoui et saoudien ibn Baz tiennent toujours la vedette, mais ils subissent une offensive marketing du jeune "télécoraniste" Amr Khaled, à la morale piétiste "new-look".
"Laisser vendre Mein Kampf est un scandale absolu", estime Mohammed Arkoun, professeur émérite d'histoire de la pensée islamique à la Sorbonne, pour qui la production culturelle arabe, vue à travers la Foire du Caire, "reflète surtout un vide" .

Source : AFP
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