Pendant plus de trois heures, une quinzaine d'élus et candidats, dont l'UDF François Bayrou, sont intervenus devant 300 personnes rassemblées dans un gymnase de Bagnolet (Seine-Saint-Denis) à l'occasion du nouvel an (1428) du calendrier musulman.
L'UAM 93, qui fédère une dizaine de mosquées parmi les plus importantes de Seine-Saint-Denis (Aubervilliers, Bobigny, Aulnay, Gagny, Neuilly-sur-Marne, Noisy-le-Sec...), fêtait également son cinquième anniversaire.
Réjoui par "un tel succès" d'intérêt, son secrétaire général, Mohammed Henniche, a demandé aux hommes politiques présents d'"envoyer des candidats musulmans à l'Assemblée, pas seulement collés sur les murs".
L'UAM 93 "refusera d'être une association satellite d'un parti politique", a-t-il dit, alors qu'un des porte-parole de l'association est le secrétaire-adjoint de la fédération UMP du département.
De tous les invités, Rachid Nekkaz, fougueux président du "Club des élus Allez France", "candidat apolitique", a été le plus direct: "je me suis porté candidat pour vous représenter".
"Les discriminations, ça suffit", est venu dire François Bayrou, lors d'une brève apparition en fin de soirée après l'émission politique de France 2 dont il était l'invité. M. Bayrou, accompagné du député-maire UDF de Drancy Jean-Christophe Lagarde, s'est présenté comme "un croyant" qui "respecte les croyants".
Auparavant, le maire UDF du Bourget, Vincent Capo-Canellas, avait mis en garde la salle contre le "vote de lobby qui s'achète".
Le député UMP Eric Raoult, présenté par l'UAM 93 comme un "grand habitué" des rendez-vous de l'association, a lu un message de Nicolas Sarkozy, après celui de Marie-George Buffet transmis par la sénatrice PCF Eliane Assassi.
"Je ne suis porteur de message de personne", a commencé pour sa part le député PS de Seine-Saint-Denis Claude Bartolone, tout en reconnaissant que, comme d'autres, il était venu pour appeler à voter en faveur de son candidat. "C'est un geste extraordinaire d'évolution de nos pratiques politiques", a-t-il commenté avant d'ajouter, sans citer Jacques Chirac, qu'"on (était) loin des bruits et des odeurs reprochés il y a quelques années".
"Est-ce qu'on parle de la neige en plein hiver ?", a lancé au milieu de cette soirée quasi-électorale l'intellectuel Ghaleb Ben Cheikh, animateur de l'émission de télévision Islam, gagnant à l'applaudimètre, agacé par les discours tenus sur le "droit au respect (...) dont on ne parle pas aux riches musulmans acquéreurs de yearlings au marché de Deauville".
Source : AFP