L'incompréhension entre l'Occident et le monde musulman interpelle au premier chef cet intellectuel britannique d'origine pakistanaise. Plutôt que de se perdre dans des querelles théologiques et confronter livres « sacrés », psaumes et versets, Tarik Ali préfère nous ramener à l'époque où musulmans et chrétiens coexistaient, sinon pacifiquement, du moins en bonne intelligence. L'écrivain a choisi la forme romanesque pour nous pousser à réfléchir et bousculer nos certitudes. « Le Sultan de Palerme », publié chez Sabine Wespieser, n'est que le tome premier d'un ambitieux « Quintet de l'islam ». Le héros de ce premier roman, qui se passe dans les années 1150, est un géographe quinquagénaire, Idrisi, un « croyant », ami du sultan chrétien Rujari (Roger). Jusque-là, monarque de Palerme a protégé les musulmans, contre l'intransigeance de l'Eglise. Mais il arrive en fin de règne et pour garantir sa succession, il est prêt à donner des gages aux intégristes catholiques et à rompre l'équilibre qu'il avait jusqu'ici subtilement préservé.
Source : Les echos.fr