8:57 - April 21, 2007
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France (IQNA)- François Bayrou : "L’islamophobie est un sentiment qui me révulse"

François Bayrou a accordé une interview au site web Oumma.com, premier site de l’Islam francophone sur Internet.

Le candidat à l’élection présidentielle annonce que s’il est élu président de la République, il mettra en oeuvre un plan de lutte contre les discriminations. Il considère que c’est "un devoir d’Etat de lutter contre cette montée de l’islamophobie qui n’est rien d’autre qu’un refus de l’autre, qu’une méconnaissance "crasse" de l’Islam".

-L’islamophobie est un phénomène dont la gravité est attestée par des études de la CNCDH (Commission nationale consultative des droits de l’Homme), ainsi que par diverses organisations de défense des droits de l’Homme. Quelles dispositions comptez-vous prendre pour lutter contre l’islamophobie ?

-L’islamophobie est un sentiment qui me révulse. C’est un racisme qui fabrique des rejets extrêmes, qui porte en germe des violences considérables. C’est donc un devoir d’Etat de lutter contre cette montée de l’islamophobie qui n’est rien d’autre qu’un refus de l’autre, qu’une méconnaissance « crasse » de l’Islam.
Nous avons besoin que l’école apprenne l’histoire des religions et nous avons besoin que les musulmans disent les valeurs d’humanisme et de tolérance de leur religion. Aujourd’hui, il y a une confusion dangereuse entre l’Islam et l’intégrisme. C’est contre cet amalgame qu’il faut lutter de toutes nos forces. A chaque fois qu’il y a menace de dissolution, il faut rapprocher ceux qui s’éloignent.

-La loi de la mars 2004 qui bannit les signes religieux ostensibles de l’école a eu pour conséquence la déscolarisation de dizaines de jeunes filles et leur éviction du monde du travail. Quelles mesures pourrez-vous prendre pour faciliter leur réintégration dans la société ?

-J’ai eu à connaître de la question du voile à l’école lorsque j’étais ministre de l’Education nationale. On se souvient des trois étapes de cette affaire : le premier fut l’avis rendu par le Conseil d’Etat à la demande de Lionel Jospin. La deuxième est ma circulaire, qui va plus loin et interdit les signes ostentatoires au sein des écoles. La troisième est la loi de 2004 sur laquelle je me suis abstenue parce que je pensais que la solennité de la loi risquait de cristalliser les opinions, de rompre le dialogue plutôt que d’apaiser le climat.

-La légitimité du CFCM et notamment le mode d’élection de ses responsables est aujourd’hui contesté par de nombreux citoyens français de culture musulmane. Quelle est votre opinion à ce sujet ?

-J’ai souhaité et encouragé l’émergence d’une représentation officielle de l’islam en France qui soit digne de sa place dans la République : l’islam doit être visible, c’est une question de respect et de dignité due à nos compatriotes musulmans. C’est aussi le sens qu’il faut donner à la loi de 1905 sur la séparation des églises et de l’Etat, qui n’est pas une interdiction absolue du dialogue entre l’Etat et les représentants des différentes religions mais bien la base même de ce dialogue fondé sur le respect mutuel.
Ceci veut donc dire que la communauté des musulmans français doit être organisée et se sentir représentée. Sur ce dernier point, je pense que l’on n’a pas trouvé le bon équilibre avec le CFCM. A mon sens, son mode d’élection et de fonctionnement gagnerait à être revu. Comme toute institution neuve, il a besoin d’un bilan et d’une consolidation.

Source : Journal Chrétien
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