9:31 - April 25, 2007
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Sénégal (IQNA)- “ Sénégalaises et Islam ” de Angèle Diabang Brener : Un vécu entre éducation, tradition et modernité

La réalisatrice sénégalaise Angèle Diabang Brener a présenté son film, “ Sénégalaises et Islam ” le dimanche 15 avril dernier, au théâtre national Daniel Sorano.

Le documentaire aborde, sous forme de témoignages, la manière dont les femmes musulmanes vivent leur religion. Entre éducation, tradition et modernité, leur pratique diffère de l’une à l’autre, parmi les intervenantes, d’où la richesse des points de vue exprimés.
Les femmes sénégalaises font tout pour préserver cette réputation qui leur est faite. Les premières images du film qui débute par un générique dynamique, campe ainsi le décor. Certaines parmi les femmes intervenant dans le documentaire s’apprêtent devant leur miroir, avant de faire face à la caméra de la réalisatrice. Angèle Diabang Brener montre ainsi ces femmes à leur avantage. Pour aborder un sujet délicat, leur manière de vivre leur religion musulmane et leur point de vue sur l’image de l’Islam véhiculé par l’Occident et les médiats.
Khady, Maïmouna, Aïssatou, Thiané, Mlle Ndoye, Marie Kâ et Mame Marième Kara s’expriment sans détours. Dans une société où la majorité de la population pratique cette religion, la manière de s’habiller constitue déjà un débat en soi. Voile ou pas voile ? La question est posée et les réponses diffèrent. Celles qui se voilent expliquent qu’elles obéissent à une prescription divine. Tout de noir vêtu, Thiané et Mlle Ndoye ont opté pour le chador. Thiané raconte qu’elle a adopté cette manière de s’habiller après avoir écouté un sermon religieux.
Marie Kâ, pour sa part, considère cette percée du voile chez les femmes comme un phénomène de mode. Comme si être musulmane exigeait d’avoir forcément le look qui va avec. Pour Khady, analysant cette situation, cela est dû au fait que les jeunes musulmans, se sentant menacés dans leur identité et leur culture, trouvent dans la religion un certain refuge. Elle-même explique les regards furibonds qu’on lui jette parfois dans la rue, sous prétexte qu’à son âge, une femme doit se couvrir la tête. Elle juge très courageuses celles qui s’habillent d’une certaine manière, en dévoilant leurs corps ou en mettant des tenues moulantes. Maïmouna, qui a aussi adopté le voile, indique de son côté, que celles qui portent le voile ne doivent pas se considérer comme meilleures par rapport à celles qui ne le mettent pas, avec arguments à l’appui.
La qualité technique du film est à saluer, marquée par un son impeccable et une belle lumière. Le montage n’a pas été en reste. Certainement pas dû au hasard car la réalisatrice est aussi monteuse.
Le film a suscité de passionnants débats chez les téléspectateurs et a permis des échanges aussi improbables que celui intervenu entre un curé et une femme musulmane voilée, sur la question du voile, justement. Encore une parfaite illustration du dialogue islamo-chrétien bien réel au Sénégal.

Source : Le Soleil

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