14:30 - July 17, 2007
Code de l'info: 1563522

Première étude sur l'Islam et la discrimination des enfants musulmans à Zurich

Zurich (IQNA)- Le canton de Zurich veut étoffer le débat très émotionnel autour de la pratique de l'Islam. Il lance une étude pour savoir si les services publics répondent aux besoins des musulmans.

Cette étude a été décidée sur fond de polémique alors qu'une initiative demandant d'interdire la construction de minarets a été lancée.
En août 2006, la section zurichoise de l'Union démocratique du centre (UDC, droite nationaliste) a déposé une motion visant à interdire l'adjonction de minarets «provocants» aux lieux de culte musulman.
Cette année, une initiative similaire, déposée au niveau national celle-là, a été critiquée par plusieurs membres du gouvernement fédéral.
Thomas Widmer, de l'Institut de sciences politiques de l'Université de Zurich, a été chargé d'évaluer si les services sanitaires, éducatifs, judiciaires et sociaux sont adaptés aux besoins de la population musulmane.
«Nous allons tenter de voir si les services offerts par les autorités cantonales favorisent la liberté religieuse des musulmans et si ces activités religieuses sont une cause de dérangement pour les autres utilisateurs de ces services», a expliqué le professeur à swissinfo.
«La Constitution suisse garantit la liberté de religion et les cantons doivent veiller à ce que ce droit soit respecté.»
Thomas Widmer va consulter des experts de tous les services concernés afin de réunir et analyser les données qui lui permettront d'émettre des recommandations d'ici la fin de l'année prochaine.
Le vif débat autour des minarets est à l'origine de cette étude. «Il y a actuellement une discussion idéologique autour des minarets et des extrémistes islamistes», a admis Thomas Widmer.
«Notre but est de nous faire une image plus nette de la situation afin d'être en mesure de réagir de manière adéquate. Il s'agit de répondre à la nécessité d'étoffer une discussion dominée jusqu'ici par des considérations purement idéologiques.»
Hisham Maizar, président de la Fédération des Organisations islamiques de Suisse, a salué le lancement de cette étude, sous réserve qu'elle permette de nouer un véritable dialogue avec la communauté musulmane de Zurich.
«C'est une bonne idée, à condition que la communauté soit considérée, dès le départ, comme un partenaire à part entière», a-t-il déclaré à swissinfo.
«Une méthode qui consisterait à faire une étude et à dire aux gens 'voilà ce que nous pensons et vous devez l'accepter' serait très discutable. Il faut donner aux gens une chance d'exprimer leurs griefs d'emblée. En principe, j'approuve l'idée de cette étude, parce qu'il est important de disposer de ce genre d'informations. Jusqu'ici, personne n'a eu le courage d'en parler, par peur d'offenser les autres communautés religieuses», a encore indiqué Hisham Maizar.
Malgré la proposition d'interdire la construction de minarets, il estime que les relations entre les musulmans et les autorités zurichoises sont en général bonnes. Et de citer, à titre d'exemple, la décision de créer un cimetière musulman à Zurich.

Source: Swissinfo
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