Il faudrait que les jeunes Américains musulmans se fassent entendre et qu'ils envisagent de faire carrière dans la fonction publique, ont fait observer de hauts responsables du gouvernement lors d'entretiens, le 12 juillet au département d'État, avec 27 jeunes Américains musulmans âgés de 20 à 25 ans venus des quatre coins des États-Unis.
« Le département d'État est ouvert à toutes les idées », a déclaré l'ambassadrice Shirin Tahir-Kheli, conseillère de la secrétaire d'État, Mme Condoleezza Rice, pour les questions liées à l'émancipation des femmes.
Ayant des origines pakistanaises, Mme Tahir-Kheli est la première musulmane à être nommée ambassadrice des États-Unis, a-t-elle indiqué.
Parmi les hauts fonctionnaires du département d'État prêts à répondre aux questions des jeunes gens figuraient Seema Matin, qui a commencé sa carrière au département d'État en 2002 et qui travaille actuellement sous la direction de Mme Karen Hughes, sous-secrétaire d'État pour la diplomatie et les affaires publiques.
Née aux États-Unis de parents ayant émigré du Pakistan, Mme Matin a choisi de porter le voile islamique qui, pour elle, montre au monde que des femmes de carrière ayant fait des études peuvent porter avec fierté cette expression de leur foi.
Kareema Dauod se trouvait là également. Elle travaille pour le département d'État tout en finissant ses études de doctorat (linguistique arabe) à l'université de Georgetown. Sa mère est allemande et son père palestinien. Elle a exhorté les jeunes gens à s'impliquer davantage dans les affaires publiques et civiques du pays. « Qu'ils soient musulmans ou non, les citoyens ont la responsabilité de travailler avec leur gouvernement sur les questions qui touchent le bien-être de chacun. Être entreprenant, c'est d'abord avoir un objectif en tête, s'adresser aux personnes qui peuvent aider à réaliser cet objectif, et respecter les étapes nécessaires pour traduire cet objectif dans la réalité », a-t-elle souligné.
C'est le Conseil musulman des affaires publiques (MPAC) qui avait organisé le voyage à Washington des jeunes.
Bien que le MPAC ait été créé en 1988, c'est la première fois qu'il organisait une telle conférence, a indiqué son directeur, M. Salam al-Marayati.
Durant leur séjour de deux jours à Washington, les jeunes gens ont eu l'occasion de s'entretenir avec des membres du Congrès, des responsables du ministère de la justice et de la sûreté du territoire. Ils ont visité la Maison-Blanche et ont eu des entretiens avec le directeur du Bureau responsable des initiatives d'associations confessionnelles.
Pour le groupe, a-t-il dit à l'USINFO, la conférence a été une expérience « émancipatrice » et les jeunes gens étaient reconnaissants d'avoir pu s'entretenir avec de hauts fonctionnaires qui leur ont fait part des possibilités qui existaient au sein de l'administration pour les Américains musulmans.
« Il est encore plus important que les hauts fonctionnaires reconnaissent la volonté des Américains musulmans d'aider le gouvernement sans pour autant abandonner leur foi », a fait valoir M. al-Marayati, ajoutant : « Nous voulons nous définir comme étant des Américains musulmans et montrer que les valeurs américains sont compatibles avec l'islam. »
Source : usinfo.state