Le minaret de la mosquée, du haut de ses 32 mètres, se donne à voir rue Maréchal Leclerc, au cœur de Saint-Denis.
Les Réunionnais, lécheurs de vitrine, admirent depuis plus de 100 ans cette mosquée d’un style indien. Elle est née de la volonté de commerçants originaires du Gujarat, en Inde.
L’Islam arrive en effet sur cette île à partir de 1854. A partir de cette période, 1854-1860, les ancêtres ont commencé à pratiquer le culte, non pas dans une mosquée, mais dans les demeures privées.
Aujourd’hui, on peut retrouver dans les archives la première demande pour l’établissement d’une mosquée, qui date de 1893.
Le gouverneur de l’Ile Bourbon, à l’époque, a répondu en 1903, et la mosquée a été inaugurée en 1905.
L’île de la Réunion compte aujourd’hui plus de 50.000 musulmans, soit 85% d’origine indienne, les 15% restants englobant la communauté comorienne, dont les Mahorais.
Ce pays accueille aujourd’hui 38 lieux de culte musulman.
La mosquée Noor-E-Islam a été construite grâce à des donateurs privés, les fonds ayant été réunis en 1897 pour la construction de l’édifice, pour l’acquisition de l’immobilier destiné à produire tout de suite les revenus qui allaient permettre le fonctionnement de cet édifice de culte. Sûrement en considération de la loi les musulmans de l’île se sont toujours illustrés par la prise en charge de la construction de leur lieu de culte.
Ce qui veut dire que dans tous les dossiers de construction de lieux de culte musulman à La Réunion, aucun édifice ne peut être bâti au sein des associations gestionnaires si, parallèlement, les mêmes gérants de ces associations ne présentent pas au Conseil d’administration des bâtiments à usage commercial ou industriel qui vont générer des revenus locatifs, ces mêmes revenus allant donc financer la gestion de ces lieux de culte.
Il faut dire que la Grande Mosquée de Saint-Denis de La Réunion emploie 38 ministres du culte et un secrétariat permanent, soit 42 personnes.
Le budget de fonctionnement annuel est de 800.000 euros. Ce budget de fonctionnement est assuré à 75% par les revenus locatifs de l’association. Ce qui veut dire que bon an mal an, nous devons, à la fin de l’année, trouver un gain, un écart de 25% pour pouvoir assurer le fonctionnement et l’entretien de cet édifice. 15% de 800.000 euros de budget de fonctionnement peuvent se trouver assez facilement à La Réunion. Les banques réunionnaises ont également joué le jeu, proposant des prêts à taux préférentiels.
C’est en janvier 1898 que la communauté musulmane obtient l’autorisation officielle de construire leur mosquée à Saint-Denis.
Novembre 1905, un premier édifice est érigé, de taille sommaire, il sera agrandi en 1960.
En 1974, la communauté sera presque endeuillée face à l’incendie qui ravagera leur mosquée. Il faudra 5 ans pour la remettre en état.
Rappelons tout de même que la Grande Mosquée de Paris ne sortira de terre qu’en 1925. Les musulmans réunionnais ont créé la première mosquée de France, ce qui fait la fierté des Réunionnais dans sa composante la plus entière.
Son minaret de 32 mètres lui donne une prestance inégalable dans la rue du Maréchal Leclerc.
Les touristes sont ébahis par la luminosité de ses murs, notamment dans la salle de prière principale, pourtant marquée par un style sobre, fidèle à l’architecture indienne, remarquable par sa blancheur. On y accède par une cour intérieure, où sont visibles deux fontaines pour les ablutions rituelles.
Une autre salle de prière est ouverte au niveau inférieur, particulièrement lors des jours de grandes affluences, notamment le vendredi.
La troisième salle de prière, dédiée aux femmes, est située au premier étage de la mosquée.
En ce mois de Ramadan, il importait de mettre en lumière une partie intégrante du patrimoine réunionnais.
La communauté musulmane locale est ouverte, tolérante, accueillante, fière de partager leur culture et leur culte.
Source: IINA