Le jeûne ne doit pas mettre en danger la vie du malade

13:37 - October 02, 2007
Code de l'info: 1587956
Casablanca (IQNA)- Eu égard aux conséquences parfois dramatiques que peut rencontrer un malade cardiaque qui ne suit pas son traitement ou qui ne mène pas une bonne hygiène de vie, on a rencontré pour nos lecteurs le professeur Ahmed BENNIS, cardiologue au CHU Ibn Rochd de Casablanca, pour un entretien sur le patient cardiaque et le Ramadan.
Le jeûne ne doit pas mettre en danger la vie du malade
Casablanca (IQNA)- Eu égard aux conséquences parfois dramatiques que peut rencontrer un malade cardiaque qui ne suit pas son traitement ou qui ne mène pas une bonne hygiène de vie, on a rencontré pour nos lecteurs le professeur Ahmed BENNIS, cardiologue au CHU Ibn Rochd de Casablanca, pour un entretien sur le patient cardiaque et le Ramadan.
-Dans votre pratique quotidienne, n’avez-vous pas constaté que durant le mois de Ramadan certains patients cardiaques sont sujets à des décompensations ou aggravations de leur maladie ?
- Vous savez, à ce jour il n’y a aucune étude scientifique qui s’est intéressée à ce sujet. Cependant, on peut dire que le jeûne ne doit pas mettre en danger une personne surtout quand il s’agit de problèmes liés à la santé de l’individu malade.
Notre religion est claire à ce sujet. Aussi la levée du jeûne est admise dès que celui-ci constitue un risque réel pour un patient.
S’agissant de la pathologie cardiaque, les conseils du cardiologue sont nécessaires. C’est à lui d’évaluer la sévérité de la maladie cardiaque, son retentissement sur tout le corps du malade et le risque que peut constituer le jeûne au cours de cette affection.
Mais ce qu’il faut avoir présent à l’esprit, c’est que toute maladie cardiaque non stabilisée par le traitement est une contre-indication au jeûne.

-Nous constatons que certaines personnes âgées et même certains cardiaques gravement malades se risquent à jeûner. Que pouvez-vous nous dire à ce sujet en tant que spécialiste ?
-Dans ce cas précis, il est clair qu¹il y a des risques, et dès que l’état de santé de la personne est compromis, elle peut s’abstenir de jeûner.
Aussi bien la personne âgée que le cardiaque gravement malade ne doit enfreindre la loi coranique.
L’attitude que doit adopter le cardiologue, c¹est d’être à l’écoute de ses patients pour mieux les aider grâce à des informations claires et des conseils pratiques.

-Quels sont les conseils que vous donnez à un hypertendu?
-Il y a un effet bénéfique du jeûne sur la pression artérielle. L¹hypertension artérielle modérée est mieux équilibrée au cours du mois de Ramadan. L¹hypertension sévère contrôlée sous traitement médical peut bénéficier également du jeûne.
Il faut surveiller le régime alimentaire, en particulier l¹apport en sel. Il faut éviter toutes les situations de stress.
La prise quotidienne de la pression artérielle est très souhaitable. Un suivi permanent, régulier entre le médecin et le patient est bien entendu recommandé.

-Quelles sont les conséquences du changement d’horaire de prise médicamenteuse de l¹hypertension artérielle durant le mois de Ramadan ?
-Le choix du médicament est très important au cours du mois de Ramadan. La meilleure période pour prendre ses médicaments se situe vers le matin, car il y a une meilleure couverture du médicament au cours de toute la journée.

-Pour éviter de pareilles situations, comment peut-on répartir l¹horaire des prises médicamenteuses au cours du mois de Ramadan ?
-Si les patients ont une prise unique par jour, cette prise est reportée au soir pendant le mois de jeûne.
Si les patients sont sous 2 prises par jour, la répartition peut être faite par la première prise au moment de la rupture du jeûne et la seconde avant le début de la phase du jeûne.
Si le patient doit avoir plusieurs prises par jour, il doit consulter son médecin pour trouver une répartition adéquate dans l¹intervalle du temps séparant la rupture et le début du jeûne.
Il est donc très important de consulter son médecin traitant avant le mois sacré de Ramadan et ne pas hésiter à poser toutes les questions qui peuvent vous intriguer. C’est ça la médecine : la réunion entre une compétence et une confiance. Bon Ramadan à tous vos lecteurs.
S’il ne semble pas perturber un organisme sain, le jeûne induit une déshydratation et une aggravation de certaines pathologies.
Les malades ne sont pas censés pratiquer le jeûne, mais ils sont nombreux à vouloir malgré tout le respecter. Or, le jeûne entraîne une fragilisation de l’organisme malade, et de nombreuses personnes sous traitement ne respectent plus leurs prises médicamenteuses, sous prétexte que l’absorption par voie orale d¹un médicament durant la journée rompt le jeûne.

Source: albayane





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