C'est à la fin des années 90 que l'idée apparaît, chez les spécialistes et dans les cabinets ministériels: les musulmans de France ne disposent pas des ressources suffisantes pour autofinancer leurs besoins (constructions de lieux de cultes, aménagements de ceux existants et formation des cadres religieux).
Avec les attentats du 11 septembre, la méfiance envers les flux financiers venant de l'étranger financer l'islam de France grandit. Et après la loi sur l'interdiction du port du voile à l'école, la question gagne encore en acuité. Ainsi naît en 2003 le Conseil français du culte musulman (CFCM), interlocuteur privilégié de l'Etat sur les questions relatives à l'islam.
En 2005, le ministre de l'Intérieur de l'époque, Dominique de Villepin, décide de lancer la "Fondation pour les œuvres de l'Islam", seule solution pour permettre à l'islam de France de recueillir des fonds, dans le strict respect de la loi, comme l'explique Franck Fregosi, islamologue à l'université de Strasbourg:
Les trois grandes fédérations de l'islam de France, l'UOIF, la FNMF et la Fédération nationale de la Grande Mosquée de Paris, ont déjà leur propre système de financement, via des réseaux européens ou internationaux, des pays amis, des ambassades ou des donateurs privés. Difficile dans ces conditions de les persuader de faire transiter leurs financements traditionnels par la Fondation, et de mettre en commun l'argent collecté.
Finalement, la Fondation arrive presque trop tard: depuis des années, les musulmans de France ont appris à s'organiser.
Source : rue89