Enseignants et directeurs d'écoles s'y réfèrent pour trancher les milliers de cas qui se présentent à eux chaque année.
«Ce qui se passe au Québec, nous l'avons vécu il y a une trentaine d'années, dit Patrick Abtan, directeur adjoint de l'école secondaire Sir John A. Macdonald de Toronto. Il fut un temps où notre société était beaucoup plus homogène. Aujourd'hui, dans nos écoles, il y a 150 langues parlées!»
Face aux exigences des parents de toutes origines, les directeurs étaient déboussolés, raconte M. Abtan, qui a participé à la rédaction du guide en 2000. «Il y avait beaucoup de confusion. Certaines écoles accommodaient, d'autres pas, et les parents criaient à l'injustice. Alors le Conseil scolaire de Toronto a décidé d'adopter une politique uniforme. Désormais, tout le monde doit suivre les mêmes règles.»
Le guide permet aux musulmanes de porter le foulard et aux sikhs baptisés de porter le kirpan, à condition que le couteau soit «emmailloté de telle manière qu'il soit très difficile de le sortir rapidement», dit M. Abtan.
«Si on peut faire un accommodement raisonnable - et le mot-clé, c'est raisonnable - on va le faire. Par exemple, si un élève nous dit que sa religion lui interdit de faire une dissection, et si on peut utiliser une simulation informatique pour montrer les organes de l'animal, on va le faire.
«Par contre, si c'est déraisonnable, on refuse. Par exemple, un étudiant rastafari a demandé à son enseignant s'il pouvait fumer de la marijuana sous prétexte que c'est ce que sa religion lui disait de faire. On lui a répondu: C'est un acte criminel; si tu fumes ça à l'école, tu seras suspendu et on appellera la police!»
Source: cyberpresse