En effet, la ville de Tripoli s'est transformée en un gigantesque foirail à bestiaux, avec l'apparition de dizaines de points de vente dans différents quartiers, à la veille de la fête de l'Aïd El Kébir:
Les marchés hebdomadaires de bétail ont changé de périodicité pour travailler tous les jours durant la semaine qui précède l'Aïd.
De nouveaux marchés de bétail ont été créés par la municipalité aux abords de la capitale libyenne pour faciliter l'accès du citoyen au mouton du sacrifice.
Cette effervescence illustre la disponibilité du mouton, la bête recommandée en priorité par la Charia pour le sacrifice, en quantité suffisante sur le marché libyen mais ne semble pas avoir produit d'effet sur le prix de la bête qui a connu une certaine montée cette année étant donné qu'il se négocie entre 250 et 300 dinars (1,250 dinars libyen = 1 dollar américain), a constaté sur place la PANA.
Malgré le caractère facultatif de ce culte, la plupart des familles libyennes sentent comme une obligation le fait d'immoler un bélier à cette occasion pour commémorer le sacrifice d'Abraham et suivre le chemin tracé par le Prophète Mohammed (SAWA). Certaines familles sacrifient même plusieurs moutons à la fois.
Cette tendance s'explique aussi par d'autres phénomènes sociaux qui ont pris de l'ampleur, à savoir, les traditions et modes de vie qui se sont greffés sur le culte ainsi que la dimension qu'occupent les enfants au cœur de la fête de l'Aïd El Kébir, notamment les rapports d'affection qu'ils établissent avec la bête du sacrifice.
En effet, le mouton représente une grande occupation pour les enfants qui le cajolent et s'amusent avec. C'est pourquoi de nombreuses familles, disposant d'espace pouvant abriter l'animal, achètent leur mouton assez tôt, afin de satisfaire à cette habitude.
C'est aussi pourquoi les familles sont prêtes à dépenser toutes leurs économies afin de payer le précieux mouton et faire bonne figure comme tout le monde le jour de la fête au grand bonheur des enfants.
Source: Afriquenligne