Cette année encore, même si elle conserve son caractère rituel, la fête a rimé avec soucis financiers pour la majorité des ménages. Les habits bien sûr et les petits et grands plats, mais toujours et surtout le fameux mouton, incontournable jauge de la fête.
L’Aïd el Kébir célébré par les fidèles musulmans est un moment de dévotion à Dieu et à son Prophète Muhammad (PSL), qui se caractérise par l’immolation d’un bélier en guise de commémoration du sacrifice d’Abraham qui a reçu de Dieu un bélier pour préserver son fils qu’il était prêt à offrir en sacrifice. Pendant des milliers d’années, cette tradition se perpétue dans la Ouma islamique. Voilà l’aspect originel et rituel de la fête.
Aujourd’hui, cette acte qui constitue l’un des cinq piliers de l’islam et recommandé à tout musulman ayant les moyens de l’accomplir est une gageure, un véritable défi social bien plus souvent que religieux.
La fête de Tabaski est devenue une opportunité d’affaires pour les marchands professionnels de petits ruminants et tous les occasionnels. A l’opposé, elle est un moment de calvaire pour de nombreux chefs de famille.
Bien des jours avant la fête, les marchés de bétails de la ville de Niamey notamment, sont pris d’assaut par des milliers de clients, chacun voulant fournir le suprême et coûteux effort pour satisfaire aux caprices des enfants et mamans.
Mais aussi à la sévère pression du standing social. Comme d’habitude aussi, la dernière ligne droite des préparatifs de l’Aïd el Kébir voit les prix du mouton grimper. Les salaires, bien que régulièrement payés depuis quelques temps, suivent difficilement le rythme ici particulièrement volant de l’offre et de la demande.
Pour Hamissou Kabirou, marchand au marché de bétail de Harobanda, « la plupart des fonctionnaires ont empoché leurs salaires depuis le début du mois de décembre. C’est normal que depuis le week-end dernier, le taux de vente monte au niveau des points de vente de mouton de Niamey, la capitale ».
L’Imam Cheikh Abdoul Aziz Ibrahim, marabout à Koubia, enseigne que « cette fête rappelle aux musulmans le jour où Abraham a accepté, par sa foi en Dieu Allah, d’immoler son fils Ismaël. Pour nous les musulmans, la Tabaski est une fête recommandée par Dieu.
Le Prophète (SAWA) nous a demandé de l’observer en mémoire de la famille. C’est qu’Abraham, Dieu soit avec lui, a immolé son fils par sa foi en Dieu. Car ce commandement d’immoler son fils, s’il était encore en vigueur aujourd’hui, je ne pense pas qu’il y aurait trois personnes au monde à le réaliser… ».
Le marabout invite les musulmans à ne pas se focaliser uniquement sur l’aspect festif, mais de « multiplier les bonnes œuvres, comme la prière, la charité, les visites aux parents et voisins, les bonnes paroles, brefs, tout ce qui rapproche du son créateur ».
Il a lancé un appel aux musulmans pour qu’ils implorent Dieu pour la paix et surtout que ce dernier bénisse le Niger.
Source: L'Araignée