Une exposition sur les arts de l’islam au Paris

10:41 - December 22, 2007
Code de l'info: 1613992
Paris (IQNA)- Trois expos, extrêmement complémentaires, présentent, jusque début ‎janvier, au Louvre et aux Arts décoratifs, un regard sur les arts de l’islam, de l’Iran ‎safavide aux collections de la fondation Aga Khan, et autres ères d’influence. ‎
Un parcours quasi initiatique, qu’il convient de commencer par la mise en perspective ‎historique de la découverte, dans l’Hexagone, de ces formes perçues comme «exotiques», ‎à la fin du XIXè siècle.‎
La politique d’acquisition du Musée des Arts décoratifs, tout comme l’invention de la ‎photographie, ont fortement contribué à la connaissance des pays lointains. On ne se ‎contente plus que croire les récits d’explorateurs, ou de recevoir des délégations ‎officielles, on va vérifier sur place et l’on ramène autant d’éléments matériels que ‎possible, que l’on soumettra ensuite à l’étude.‎
La collection d’objets, de vêtements et de tissus constituée à l’époque à Paris distingue, ‎dans le monde islamique, trois grands ères géographiques : le monde arabo-andalou, la ‎Perse et l’Inde moghole (ces deux dernières étant parfois confondues). ‎
Chefs d’œuvre de l’islam en est un reflet pédagogique et structuré. Le plus intéressant, ‎dans cette proposition, est la manière dont les artistes et artisans hexagonaux se sont ‎emparés, au tournant du siècle, de ce corpus formel. ‎
Dans la copie d’abord et les dents grincent à la vue du manque de finesse de certaines ‎imitations, puis dans l’interprétation et dans l’assimilation à un répertoire plus ‎typiquement européen. Il n’en reste pas moins que l’exotisme est en grande vogue, ‎pendant les années folles mais l’on reste au niveau du décor et non de la philosophie ‎profonde qui préside à la création, dans ces pays de l’islam. ‎
A deux pas, le Louvre accueille deux expositions en écho. L’Iran safavide (XVIè – ‎XVIIIè siècle), bien représenté dans les collections des Arts décoratifs, est exalté dans Le ‎Chant du monde. ‎
Dans une autre aile du musée, les Chefs d’œuvre islamiques de l’Aga Khan Museum ‎montrent une toute petite partie des collections qui seront offertes au public à Toronto, ‎lorsque l’institution sera ouverte. ‎
Pour l’heure, les Parisiens ont droit à un condensé choisi avec une extrême intelligence et ‎un goût très sûr. Ici, peu d’exotisme ; une volonté, au contraire, de souligner l’importance ‎stylistique des contacts du monde islamique avec les autres civilisations, à travers les ‎conquêtes expansionnistes. ‎
Source: fluctuat
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