Deux peuvent se visiter à la suite l'une de l'autre, au musée de Louvre : l'une est l'avant-première de ce que sera la collection du futur Aga Khan Museum, l'autre présente 200 pièces exceptionnelles de l'art perse safavide (du XVIe au XVIIIe siècle). De son côté, le musée des Arts décoratifs expose 300 objets qui n'avaient pas été vus depuis 1983.
Shâh Abû al-Ma'âlî, signé par Maître Dûst Masavvir, gouache sur papier, Inde, vers 1556.
De juillet 2007 à juillet 2008, l'Aga Khan célèbre son jubilé d'or : en d'autres termes, il fête son imamat de 50 ans. L'Aga Khan est à l'initiative d'un musée qui portera son nom et ouvrira ses portes en 2011 à Toronto (Canada), un musée qui se veut « un centre d'éducation et de recherche dédié à la présentation des arts et de la culture de l'Islam dans toute leur diversité historique, culturelle et géographique ».
« De l'Europe à la Chine », première partie de l'expo, montre l'influence réciproque de l'Orient et de l'Occident : tel ce traité de pharmacologie, rédigé par Dioscoride au 1er siècle et traduit en arabe au IXe siècle. Ou bien encore ce manteau d'apparat du XIVe siècle qui évoque l'influence du monde chinois sur le monde islamique mais aussi l'influence de ce dernier sur les débuts de la manufacture de tissus de luxe en Europe.
Lors des deux parties suivantes de l'expo « De la figuration à la narration » et « Eléments architecturaux », le visiteur s'attachera en particulier aux six superbes miniatures du Shâh-Nâme, ou « Livre des rois », qui retrace la vaste épopée nationale iranienne en vers, composée par le poète Ferdowsi vers l'an mille, c'est-à-dire l'histoire légendaire et historique de l'Iran depuis les origines jusqu'à l'avènement de l'islam.
Mais c'est dans la dernière partie « Du saint Coran à l'esthétique de l'écriture » que le croyant s'extasiera. Provenant de l'Inde et daté de 1283H/1866-1867, un saint Coran a été copié dans sa totalité sur deux pages (de 48,6 cm de haut sur 69 cm de large…), en une écriture minuscule nommée ghabârî, du mot arabe ghabâr, qui signifie « poussière ». L'espace des deux pages est organisé en trente sections, qui correspondent ainsi au juz', division du saint Coran. Une œuvre qui vaut pour sa singularité, car ce saint Coran miniature serait le seul exemple connu sur papier.
Source: Saphirnews