Tony Blair est officiellement devenu catholique

12:58 - December 25, 2007
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Londres (IQNA) - L'ancien premier ministre travailliste, qui allait à la messe ‎catholique depuis vingt ans, s'est converti officiellement vendredi.‎
Après des années de spéculation, Tony Blair est officiellement devenu catholique. Élevé dans ‎la foi anglicane, l'ancien premier ministre britannique s'est converti vendredi dernier, lors ‎d'une céré¬monie dirigée par le cardinal Murphy O'Connor, le primat de l'Église catholique en ‎Angleterre et au pays de Galles. La décision n'est pas une surprise : Tony Blair est marié à ‎une catholique, ses quatre enfants sont éduqués dans cette foi et il va à la messe catholique ‎depuis une vingtaine d'années.‎
Sa conversion, bien qu'at¬tendue, agace néanmoins non seulement les anglicans, mais aussi ‎nombre de catholiques britanniques. Ces derniers sont d'ailleurs les plus virulents, qui ‎estiment que la politique de Tony Blair, lorsqu'il était au pouvoir, n'a souvent pas respecté les ‎préceptes du Vatican. Ils critiquent notamment son refus de condamner l'avortement, son ‎soutien au partenariat civil et à l'adoption pour les couples homosexuels, ainsi que sa politique ‎en faveur de l'expérimentation sur les cellules souches.‎
Ann Widdecombe, député conservateur elle-même convertie au catholicisme, semble douter ‎de sa bonne foi : «Quand vous devenez catholique, vous devez dire publiquement, pour que ‎tout le monde entende : “Je crois que les enseignements de l'Église sont la vérité révélée.” ‎Comment peut-il dire cela si, dans le passé, il a régulièrement voté contre la position de ‎l'Église ?»‎
Quant à Peter Kilfoyle, député travailliste et lui aussi catholique, il attaque l'ancien leader sur ‎l'Irak. «S'il faisait preuve d'une once de contrition sur l'Irak, il se rapprocherait de la moralité ‎de l'Église catho¬lique.»‎
Côté anglican, les réactions officielles sont plutôt positives. Mais ce n'est pas un hasard si Tony ‎Blair a attendu d'avoir quitté Downing Street pour annoncer sa conversion. «Il y a une attitude ‎ridicule d'une petite minorité de Britanniques vis-à-vis des catho¬liques, une sorte de folie ‎historique», explique au Figaro Michael Seed, le prêtre franciscain qui célébrait la messe à ‎Downing Street pour la famille Blair.‎
Cette attitude est renforcée par le poids encore très important de l'Église d'Angleterre dans ‎l'État britannique. Le premier ministre préside notamment le groupe qui propose la nomination ‎des évêques, et ceux-ci siègent à la chambre des Lords. La reine est toujours le chef de ‎l'Église.‎
Une clé de sa politique
Mais surtout, le silence de l'ancien leader britannique sur sa religion relève du calcul politique ‎face à un pays très laïc. Alastair Campbell, son très puissant conseiller en communication, ‎avait coupé une interview d'un brutal : «We don't do God» («Nous ne nous occupons pas de ‎Dieu.»)‎
Le mois dernier, sur la BBC, l'ancien premier ministre expliquait ses difficultés à exprimer sa ‎foi en Grande-Bretagne : «Si vous êtes dans le système politique américain, vous pouvez ‎parler de votre foi. Mais ici, les gens pensent que vous êtes cinglé.»‎
Désormais libre de préoccupations politiques, Blair reconnaît que sa foi était l'une des clés de ‎sa politique : «Bien sûr que la religion joue un rôle très important. Il n'est pas possible d'avoir ‎une religion et que cela reste un aspect insignifiant de votre vie.» Il avoue aussi avoir prié ‎avant d'envoyer les troupes britanniques en Irak.‎
Plus profondément, la conversion de Tony Blair met à jour le malaise de l'Église anglicane, ‎divisée sur l'ordination des femmes et des homosexuels en tant que prêtres. Cela provoque un ‎flot régulier de conversions vers le catholicisme. À tel point que le nombre de catholiques ‎pratiquants dépasse désormais le nombre d'anglicans pratiquants, avec respectivement 862 ‎‎000 et 852 000 fidèles allant à la messe tous les dimanches, selon une étude de Christian ‎Research. «Lorsqu'un ancien premier ministre se convertit au catholicisme, cela doit être un ‎signe que le catholicisme rentre réellement en grâce dans notre pays», écrit Catherine ‎Pepinster, de l'hebdomadaire catholique The Tablet, dans les colonnes du Sunday Telegraph.‎
Source : Le Figaro.fr‎
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