La nouvelle législation foncière menace la stabilité de l'Ouganda

16:23 - February 09, 2008
Code de l'info: 1627748
Kampala, Ouganda (PANA) - L'initiative prise par le gouvernement du président Yoweri Museveni en vue d'amender la législation foncière a suscité l'ire d'une grande partie des populations ougandaises, les critiques affirmant qu'elle risque de remettre en cause la stabilité de ce pays de l'Afrique de l'Est.
Pour sa part, le Kabaka (roi) du Bouganda (le plus important royaume traditionnel du pays), Ronald Muwenda Mutebi, a fait part de son opposition au projet de loi et a demandé à ses sujets de le rejeter, un appel qui n'a pas produit les effets escomptés, malgré le soutien des autres tribus, essentiellement du nord et de l'est du pays, menacées par le texte mis en chantier par le gouvernement.
"Il est manifeste que cette initiative a été rejetée partout et qu'elle ne saurait donc être appliquée au Bouganda. Je n'ai pas besoin de m'approfondir davantage sur la question car il est évident que le Bouganda ne peut pas se réjouir de cette loi", aurait encore fait valoir le Kabaka, s'adressant à des musulmans à l'occasion de prières à la mosquée de Kibiki, au mois de décembre dernier.
De l'avis du Procureur général du Bouganda, Apollo Makubuya, le projet d'amendement introduit par le gouvernement est "une erreur et repose sur l'hypothèse peu étayée selon laquelle les expulsions sont le résultat d'incompréhensions relatives au non paiement du loyer foncier annuel".
"Il présuppose également que les occupants de la terre doivent payer un loyer nominal sur une année et cela quel que soit l'utilisateur, le prix du loyer et la taille de la parcelle en question, ce qui n'est pas juste".
Les chefs religieux sont également irrités par l'initiative du gouvernement, appelant à l'ouverture de plus larges consultations.
Des leaders musulmans éminents ont qualifié cette initiative de menace potentielle à la paix nationale.
"Si le gouvernement et le royaume du Bouganda (la plus importante monarchie traditionnelle du pays) continuent de défendre des positions rigides, alors la paix nationale sera remise en cause", a note à ce sujet Sheikh Sulaiman Kakeeto, leader de la secte musulmane des Tabliq, cité par le "Daily Monitor".
"L'Islam a une position très claire sur les questions foncières. L'individu qui modifie les limites d'un terrain pour s'emparer de la terre d'un voisin est sévèrement puni par Allah", a encore expliqué Sheikh Kakeeto, citant le saint Coran.
"Allah nouera autour de son cou l'équivalent de sept planètes comparables à la Terre et il tentera, en vain, de retrouver la personne qu'il avait lésée".
Source: afriqueenligne
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