Les appels au boycott du Salon du livre se multiplient

13:55 - March 01, 2008
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Paris(IQNA)- Le Salon du livre qui ouvre dans deux semaines est au centre d’une vive polémique.
En cause: le choix des organisateurs de prendre Israël comme invité d’honneur et les appels de pays et organisations arabes à boycotter la manifestation.
Le Syndicat national de l’édition (SNE), organisateur du Salon, a beau souligné que c’est «la littérature israélienne» qui est invitée et non l’Etat d’Israël en tant que tel, les annonces de boycott se multiplient. Premier pays à annoncer sa décision, le Liban, l’une des pierres angulaires de la francophonie dans le monde arabe, a indiqué mercredi qu’il s' «abstiendra de participer». Un responsable yéménite de la culture avait indiqué auparavant que son pays ne participerait pas non plus, à la suite d’une requête en ce sens de la Ligue arabe.
Le président de l’Union des écrivains palestiniens, Al-Moutawakel Taha, a appelé les maisons d’édition arabes à faire de même.
A Rabat, l’Organisation islamique pour l’éducation, les sciences et la culture(ISESCO), organisme issu de l’Organisation de la Conférence Islamique(OCI), a également appelé, mardi, les 50 pays membres de l’OCI à ne pas se rendre au Salon.
Au Maroc, des éditeurs et des organisations d’écrivains ont exprimé leur refus de participer. En Tunisie, l’Union des éditeurs tunisiens sera aux abonnés absents. En Algérie, le Syndicat National des Éditeurs de Livres (SNEL) fera de même.
L’écrivain égyptien Alaa al-Aswani, auteur du best-seller international «L’Immeuble Yacoubian», ou l’Américaine d’origine palestinienne Susan Abulhawa, ont de leur côté dénoncé violemment la présence d’Israël comme invité d’honneur, tout en affirmant qu’ils se rendront malgré tout au Salon.
Les autorités françaises font grise mine. Le ministère des Affaires étrangères a ainsi qualifié tout boycott d'«extrêmement regrettable». «Ce genre de manifestation doit être ouvert», a fait valoir la porte-parole du quai d’Orsay. La même polémique est survenue en Italie après des appels au boycott de la Foire au livre de Turin (Italie), dont Israël est également l’invité d’honneur, du 8 au 12 mai.
L’universitaire controversé Tariq Ramadan qui, dans une tribune au «Monde», parle lui d’une «maladresse» et d’une «faute». «L’absence d’invitation aux auteurs israéliens arabes, chrétiens ou musulmans, est bien étrange: quelle idée les organisateurs de la Foire se font-ils de la composition de la société israélienne?», écrit-il. Les organisateurs du Salon répondent à 20minutes.fr que le critère de sélection des écrivains a été leur langue de travail, à savoir l’hébreu moderne.
Les organisations de défense des Palestiniens, comme l’Association France Palestine Solidarité, ont décidé de tenir des débats au sein même du Salon, autour du stand des éditions «La Fabrique», et de tracter à l’entrée. Le SNE a d’ores et déjà affirmé que «les mesures de sécurité de la manifestation seront maximales».
Source: 20minutes
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