Farideh Mahdavi-Damghani: Mon désir est de créer une traduction qui soit Islamique pour le lecteur francophone

15:01 - March 16, 2008
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Téhéran(IQNA)- Deux fois élue comme "femme modèle iranienne", Farideh Mahdavi-Damghani a traduit plus de deux cent soixante livres de la littérature classique et moderne du monde.
Farideh Mahdavi-Damghani, est vraiment le symbole de la modestie, qui, dans un dicton iranien, est comparée à un arbre dont plus les fruits sont nombreux, plus il est incliné. Sa gentillesse et son attention, jointes à un abord agréable, attirent tout de suite les interlocuteurs, encore plus intéressés quand il s'agit de l'écouter sur une expérience de plus de vingt ans de traduction.
Voici une interview de Farideh Mahdavi-Damghani; la grande traductrice internationale:
Tout d'abord je voudrais remercier cet illustre site Coranique pour avoir voulu s'intéresser aux efforts- bien évidemment très agréable, même si difficile et faits en toute humilité...!- que nous, les traducteurs et traductrices sommes en train de faire, pour propager la Religion de l'Islam. Pour vous dire la vérité, je n'ai pas eu trop de difficultés en ce sujet, pour la raison évidente que j'ai grandi en France, et par conséquent le français représente pour moi, ma toute première langue, bien chérie et bien douce à "savourer" et "prononcer".
Cela veut dire qu'en faisant n'importe quelle traduction soit en langue Française, soit en langue Italienne, [à part l'Espagnol et l'Anglais], je ne ressens aucun malaise, ni ne me sens en difficulté.
Comme vous le savez très bien, la langue Française est riche en images, et par conséquent, le traducteur peut très bien utiliser voir "bénéficier" de cette richesse abondante, et en même temps évidente, avec des idées bien précises et bien conçues, pour offrir un texte [ou pour être plus exacte: une traduction] bien juste et bien convenable.
Pour ce, le traducteur doit être bien informe des hauts et des bas de la langue de destination. Bien-entendu, je ne pourrais nier non plus cette vérité incontestable que l'Islam possède des mots bien spécifiques dans ses préceptes et ses commandements religieux. Par conséquent l'unique- dirais-je "difficulté- réside dans le fait de vouloir "transformer" et "traduire" ces mots religieux en un Français impeccable et en même temps bien clair et compréhensible pour le lecteur francophone.
Heureusement pour nous les traducteurs francophones, étant donné le fait que la France, comme les autres pays Latins et latinisés [comme l'Italie, l'Espagne et le Portugal] est un pays principalement "Catholique", et nous voyons par conséquent qu'il existe des mots synonymes ou bien des mots qui sont proches des notions Islamiques dans la religion Catholique et ses commandements canoniques. Pour ce, on pourrait utiliser certains mots qui se rapprochent extrêmement bien par leur sens unique et égal. Pour ma part personnellement, l'unique préoccupation que je tiens à préserver toujours en rapport avec les textes religieux que j'ai devant moi, c'est ce désir de créer une traduction qui soit cent pour cent Islamique et "Islamisée" pour un lecteur francophone qui peut être ou ne pas être Musulman. Je pense que la beauté d'un texte réside en cela, et qu'il doit attirer avant tout, le regard curieux l'âme du lecteur. Le reste est, comme diraient les Américains; "easy to play" [facile à faire]...!
Que vous dire de cela?... Hélas mon cœur pleure et comme dirait Verlaine : Les sanglants longs des violons, blessent mon cœur..." et au lieu de dire "les violons" il faudrait mettre "les attachés culturels de nos ambassades" qui ne collaborent hélas point avec nous, les traducteurs ou bien les éditeurs, pour vouloir s'efforcer de trouver des gens intéressés à ce genre de livres.
Parfois, les avides lecteurs des textes religieux Islamiques en langue Française ou Anglaise sont obligés de trouver mon numéro de Téléphone pour savoir où se procurer de tels livres, hélas...Il n'y a aucun centre de distribution, rien de tout. Alors les livres sont publiés, oui, mais qui s'en occupera "après"...?! Personne.
Par contre, nous voyons aussi des livres qui ont été mauvaisement traduit, trouver leur chemin dans des pays Européens, pour je ne sais quelle raison étrange et incompréhensible! Mais lorsque le lecteur intéressé veut lire quelques pages en voyant des erreurs impardonnables et dirais-je même risible et ridicules, décide "contre" l'achat de tels livres, et alors rien...
Heureusement les quelques peu livres que j'ai traduits en Français ou en Anglais, ont été publiés dans la Maison d'édition Ansâriyân qui envoie partout ses livres religieux. De Madagascar au Sénégal, de Casablanca à Paris, du Kenya à l'Afrique du sud, ces livres parcourent de longs chemins, et le très cher et infatigable Monsieur Ansâriyân [que Dieu le garde!], fait tout son pouvoir pour divulguer la Parole Sanctissime de notre Vénérable Prophète de Grâce et de nos illustres Imams de par le monde entier avec un travail incessant.
Tout ce que je sais, c'est que si jamais quelqu'un termine la lecture d'un de mes livres, il se donne très gentiment la peine de m'écrire ou de me téléphoner pour me remercier, et cela, est vraiment l'un des aspects bien favorables et bien agréables de ce métier...
Comme je vous l'ai dit, en ce qui concerne mes livres peu nombreux [avec la collaboration avec Mr. Ansâriyân], je puis vous assurer que le succès a été grand, et l'accueil a été bien réconfortant.
Je me souviens que l'an passé, dans l'Exposition Internationale de Livres à Téhéran, j'étais allée visiter le cher Mr. Ansâriyân qui est comme un doux oncle pour moi, lorsque nous vîmes approcher deux hommes Africains. L'un était il me semble de la Mozambique et l'autre du Maroc. Dès qu'ils virent le livre "Nafassol Mahmoum" du feu Cheikh Abbâssé Ghomi, traduit humblement par moi, et qui relate en détail la tragédie de Karbalâ et l'insurrection du seigneur des Martyrs, Hazraté Hosseyn Ibn Ali Ibné Abi Tâléb que les Salutations de Dieu lui parviennent, ils ont été tellement heureux et troublés par l'émotion de voir un tel livre, que chacun d'eux en acheta cent copies à l’instant même! Vous pourrez, bien-entendu, imaginer ce que je ressentais à ce moment-là. Non parce que c'était moi qui avais traduit ce très beau livre plein de sensibilité, mais parce que je voyais dans une proche avenir, des lecteurs Africains, Musulmans, Chiites en plus, lire la triste aventure de Karbalâ, et connaître de plus en plus notre gracieux, notre bien-aimé Imâm Hosseyn, illustre fils de Hazraté Fâtémeyeh Zahrâ, petit-fils de notre Vénérable Prophète, et selon nous: la phare ou la lampe de la Guidée vers le Salut...
Hélas... Que dire? Hélas et mille fois hélas. Je préfère rester silencieuse. Quand on va à Médine ou à la Mecque, et qu'on voit les librairies Arabes, avec des centaines de livres en langues diverses tous, traduit d'une manière excellente, on a le cœur serré... Pourquoi le niveau de nos traductions est-il si bas...? Qui saurait le dire?
Malheureusement en Iran, dès qu'une personne apprend une langue, elle pense qu'elle peut se mettre à traduire subitement des textes extrêmement difficiles, et en plus religieux! Peut-être bien pour des livres assez faciles ou bien pour des romans à cinq sous, cela pourrait être "faisable", mais pas pour des livres religieux et très précieux que nous possédons dans notre vaste littérature religieuse classique. Quelque fois, en feuilletant les diverses traductions de "Nahjol Balâlghé" [ou la Voix de l'éloquence] de notre seigneur des croyants, le Lion de Dieu, Hazraté Ali Ibné Abi Tâléb que les Salutations Divines lui parviennent, je vois "TANT" d'erreur que je referme aussitôt le livre pour ne pas commencer à pleurer de rage et d'impuissance. Et je voudrais demander à ces chers "traducteurs": comment osez-vous mettre la main sur des textes tellement Sanctissimes et importants, pour produire un travail "disgracieux et laid' à l'extrême...? Que dire? Que dire? Moi-même, qui peut prétendre de connaître un peu la langue Française, je n'ose point encore me mettre devant mon ordinateur pour "traduire" vraiment et sérieusement les saintes paroles de notre seigneur des croyants, Hazraté Ali...! C'est à dire l'un des livres les plus difficiles à traduire dans la religion Islamique, à cause de l'érudition et la haute connaissance de notre premier et illustre Imam! Parce que le fait de "changer" [même involontairement...] un mot, un concept dans les phrases de notre Imam, constitue un grave danger moral pour nous, et notre Salut en dépend! Pour ce, depuis deux ans déjà, j'ai accepté de faire une humble traduction de "Nahjol Balâghé", mais je n'ai encore traduit qu'une seule page, et encore! Avec quel effroi, quel respect et quelle prudence obsessive et scrupuleuse...!
Tout le monde connaît déjà cette vieille histoire de la raison pour laquelle moi, une humble traductrice des textes classiques Européens et des textes poétiques de la littérature mondiale, je me suis mise à traduire les ‘’Psaumes de l'Islam’’ de mon très cher Imâm Sajjâd, que les Salutations Divines lui parviennent: je vis un songe révélateur, une sorte de vision extatique dans laquelle on m'ordonnait de faire cette traduction, en autant de langues possibles. Pour ne pas répéter le contenu de mon rêve qui fatiguerait sûrement les chers lecteurs, j'omets de le relater, il suffit de dire que je l'ai terminé après quasi deux ans, et maintenant après toutes ces années qui sont passées, à chaque fois que j'ai l'honneur de feuilleter les pages françaises de ce livre grandiose et sanctissime, je m'étonne vraiment, et je me demande toujours, "comment pour l'amour de Dieu" j'aie pu faire ce travail, et comment j'aie pu avoir le courage nécessaire de "vouloir" achever un tel travail? Mais je conclue toujours que certaines choses, certains actes doivent être accomplis coûte que coûte, et c'est toujours la Volonté Divine qui décide de tout, et non les pauvres créatures insignifiantes et impuissantes que nous sommes.
Pour retourner à votre demande, je dois répondre que, dûe à ma jeunesse à l'époque, j'avais seulement 32 ans lorsque j'ai commencé la traduction des "Psaumes de l'Islam" et de la "Comédie Divine" de Dante [j'en ai maintenant 43...], et je ne me rendais pas vraiment compte des peurs et des craintes que j'aurais du avoir normalement. Et ce fut un bon point pour moi! En plus, je n'aime pas avoir peur du texte que j'ai devant les yeux. Plus un texte est difficile, plus il me devient précieux et excitant!
Vous plaisantez j'espère?... J'ai fait tout mon POSSIBLE, à l'aide de Dieu, de pourvoir et d'offrir un texte absolument exact et égal à la version originale! C'est pour cela que cette longue durée pour la traduction des Psaumes "dura" pour que je mette finalement " la Fin" à la fin de ma traduction... Et deux autres années durèrent aussi pour que mon père puisse "finir" la lecture de ma traduction, la corriger, l'éditer, lentement, à pas d'escargot, parce que mon père vérifiait tout avec la version originale [l'Arabe], tandis que moi, j'avais fait ma traduction de Mr. Chittick et sept ou huit autres traductions persanes des Psaumes. Ensuite mon père vérifiait avec le texte Arabe, mot par mot, en cela sans vraiment exagérer: mot par mot {!} pour rectifier certaines choses, du point de vue religieux, Islamique et surtout Chiite. Comme vous savez, il y a des points spécifiques, des mots, des expressions bien précis à utiliser dans un texte religieux et classique, surtout Islamique. Par conséquent, la traduction est similaire au texte original, autant qu'une traduction peut se rapprocher au texte original.
Avec grand plaisir! Alors j'ai traduit " Les Psaumes de l'Islam" de notre vénérable et bien-aimé Imam Sajjâd, l'ornement de tous les adorateurs de Dieu [que les Salutations de Dieu lui parviennent ! ], "Naffasolo Mahmoum" [ ou la tragédie de Karbalâ] du feu Cheikh Abbâssé Ghomi [ que Dieu ait son âme ], "Les Prières du Saint Coran" de Hosseyn Vâsségh, " Le compagne des cœurs" de Nâder Fazli [ un traité sur notre vénérable douzième Imam, Hazraté Mahdi [ que Dieu accélère son Apparition au plus vite! ], "Les souffrances d'Ali Ibn Abi Tâléb" de Majid Massoudi, " La lumière céleste: Hazratée Fâtémeyeh Zahrâ" d'Ali Reza Masjed Jâméyi, " Comment s'acquitter de sa prière", "Ce que tous doivent savoir" de l'Ayatollâh Ibrahim Amini, " Les principes de la religion" de l'Ayatollah Vahidé Khorâssâni.
À part ceux-là, j'ai aussi traduit plus de soixante invocations, prières, supplications, sermons, discours de nos Imâms et de la Maisonnée du vénérable Prophète [dont Hazratée Fâtémeh et Hazratée Zeynab], avec des poésies élégiques Chiites qui vont être publiés [finalement... !] cette année, par ma propre maison d'édition qui s'appelle TIR, si Allah le veuille! Les autres livres mentionnés ci-dessus, ont déjà été publiés chez l'édition Ansâriyân, à Qom. Les intéressés peuvent facilement se rendre au site de cette Maison d'édition dans l'internet, et se procurer les livres qu'ils désirent. C'est : www.ansariyan.org et www.ansariyan.net. Ils seront heureux de leur procurer les livres qu'ils désirent acheter, voilà.
En ce moment j'ai deux livres sous la main. Un livre sur notre Prophète de Grâce [que la Grâce et la Paix de Dieu soient sur lui et sa famille!] et un autre sur le caractère et la vie de Hazraté Ali Ibn Abi Tâléb, que les Salutations de Dieu lui parviennent.
J'espère un grand succès pour ce merveilleux site coranique et les jeunes "Anges" qui travaillent ici! Que la Grâce de Dieu soit sur vous tous!
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