11:37 - March 30, 2008
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La diffusion d'un film provocateur sur le saint Coran a eu l'effet d'un pétard au sein de la communauté musulmane du petit pays

Amsterdam (IQNA)- La diffusion depuis jeudi sur Internet d'un film provocateur sur le saint Coran, qui faisait craindre le pire au gouvernement néerlandais, a eu l'effet d'un pétard mouillé au sein de la communauté musulmane du petit pays.

Hier, la plupart des résidants musulmans d'Amsterdam interrogés par La Presse ont accueilli avec un haussement d'épaules, voire un sourire moqueur, les questions relatives à la vidéo du controversé député Geert Winders.
«Ce qu'il montre, ce n'est pas le vrai islam», a déclaré Aïcha, rencontrée en matinée alors qu'elle se promenait avec ses deux jeunes enfants le long d'un des canaux de l'ouest de la ville.
«J'ai vu quelques extraits du film à la télé, mais je ne veux pas le voir sur l'internet. Je ne veux pas contribuer personnellement à faire monter le nombre de visionnements», a indiqué la jeune femme, qui s'est converti à l'islam il y a cinq ans.
«Il (Wilders) ne veut pas parler avec les musulmans. Il ne veut entendre que ce qui conforte sa vision», déplore-t-elle.
«Il est stupide... Il fait comme Hitler en cherchant à tout blâmer sur les minorités», a déclaré Yasine, un chauffeur de 28 ans qui disait vouloir regarder le film sur l'internet «par curiosité».
«Tout ce qu'il fait, c'est crier. Mais il ne propose pas de solution. Si c'est ça être un politicien, tout le monde peut l'être», souligne-t-il.
Tofik Dibi, jeune député musulman, estime aussi que le film, visionné plus de trois millions de fois depuis sa mise en ligne, constitue une sorte «d'anti-climax».
«Il présente des scènes violentes que nous connaissons déjà et qui nous ont scandalisées. Mais il n'apporte rien au débat», déplore-t-il.
Le député de 27 ans prépare lui-même un film qui devrait être prêt à la fin de l'année. Il cherchera à favoriser un rapprochement entre musulmans et non-musulmans, sans esquiver ce qu'il appelle les «côtés sombres» de l'islam.
«Il est important que les gens reconnaissent qu'il y a des problèmes et que nous devons les discuter», dit M. Dibi, qui s'est fait arrêté en janvier sur la place centrale d'Amsterdam lors d'une manifestation contre Geert Wilders. Il portait une pancarte arborant une photo du député et un message, calqué sur les campagnes antitabac, précisant que «l'extrémisme est dangereux pour votre santé».
Le premier ministre Jan Peter Balkanede s'est félicité hier de la réaction modérée des principales organisations musulmanes du pays. Leurs dirigeants insistaient depuis plusieurs jours sur la nécessité de réagir sans violence à la «provocation» de Geert Wilders, qui a fait de ses envolées anti-islam et anti-immigration le point central de son programme politique.
M. Balkanede a déclaré qu'il regrettait la diffusion du film, mis en ligne sur le site anglais Liveleak. «Il amalgame l'islam et la violence. Nous rejetons cette interprétation», a-t-il noté.
La justice néerlandaise entend vérifier si le document contrevient aux dispositions de la loi interdisant l'incitation à la haine. M. Wilders s'est dit convaincu que son film était «convenable» et ne prêtait pas flanc aux poursuites réclamées par ses détracteurs.
Bas Heijne, chroniqueur politique au respecté quotidien néerlandais NRC Handelsblad, ne croit pas que le film aura d'importantes répercussions locales et internationales, même s'il a été dénoncé hier par plusieurs pays musulmans.
Source: cyberpresse
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