11:30 - April 21, 2008
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Développement de l’enseignement de l’art architectural islamique au sein des universités en vue de son adaptation aux progrès futurs

Article(IQNA)- Mettre en place un programme standardisé pour l’enseignement de l’art architectural islamique a pour but d’harmoniser les méthodes d’enseignement au sein du monde islamique afin d’aboutir à une architecture moderne qui conserve son authenticité islamique et son unité dans un monde qui exige un dialogue "culturel" afin d’enrichir les valeurs humaines et civilisationnelles, et ce, en recourant à la créativité et à l’art.

Ainsi, si l’architecture moderne constitue l’objectif, l’étude de l’architecture islamique authentique en demeure la base et le point de départ. Mais si le caractère statique de l’achitecture authentique est rédhibitoire à toute altération dans sa signification, l’architecture moderne, quant à elle, est dynamique et ouverte aux transformations grâce aux différents créateurs évoluant dans l’immensité géographique du monde islamique.
On abordera le monde de l’architecture islamique authentique à travers l’histoire et l’archéologie. Aussi est-il nécessaire d’étudier les différentes étapes de l’Histoire et des époques islamiques et de s’attarder sur le côté civilisationnel de cette histoire.
L’histoire proprement dite s’intéresse au récit des événements relatifs aux époques, aux règnes et aux relations politiques et économiques existantes. L’Histoire de la civilisation s’intéresse, quant à elle, au récit des différentes étapes relatives au progrès culturel, scientifique et technique et à la découverte de la pensée, de la nature et de la matière. Le chercheur dans ce domaine dispose d’un bon nombre de documents ainsi que de preuves matérielles exposées dans les musées, susceptibles de l’aider dans sa recherche et de l’informer directement du développement civilisationnel réalisé par les musulmans à travers l’histoire.
En outre, l’étude de l’histoire civilisationnelle doit être une étude comparative approfondie confrontant les différentes civilisations antérieures ou contemporaines à la civilisation islamique. Elle doit également mettre l’accent sur l’influence de chaque civilisation sur l’autre.
Une des importantes recherches comparatives faites à ce sujet est probablement l’étude des civilisations et des arts en essor avant l’Islam ainsi que leur degré d’influence sur la civilisation islamique.
Enfin, la méthode d’enseignement se base sur deux règles fondamentales ; la première concerne l’historique de l’architecture islamique et des arts, et la seconde est liée à l’élaboration de l’esthétique islamique ainsi que les bases théoriques des arts islamiques. Dans cette perspective, il est impératif de poursuivre la recherche historique et théorique afin de renforcer la science de l’histoire de l’art et la science comparative en matière d’art. Car les recherches faites jusqu’à ce jour dans ces domaines restent insuffisantes. En dépit de cet état de fait, nous suivons de près chaque étape de la mise en exergue des différents aspects de la civilisation islamique à travers des recherches subjectives. Nous œuvrons toujours à la sauvegarde de notre patrimoine et à l’unification de notre identité culturelle influencée en grande partie par l’invasion culturelle et la déliquescence civilisationnelle.
Les facultés d’architecture sont de création récente dans le monde arabe. Les facultés de génie civil sont apparues en premier ; l’art architectural était considéré comme une partie de cette science. L’architecture est devenue par la suite une discipline indépendante du génie civil et du génie de construction, enseignée parfois dans des facultés spécialisées. Qu’ils soient indépendants ou dépendants du génie civil ou des beaux-arts, les cours dispensés ne mettaient pas cependant l’accent sur l’architecture islamique.
S’il y a des partisans qui appellent à la création d’un département spécialisé dans l’architecture au sein des facultés d’architecture, le programme d’enseignement à adopter devra être comme suit :
Étudier à l’intérieur des facultés d’architecture tout ce qui concerne cette spécialité sur le plan historique, en insistant sur l’art architectural islamique en lui consacrant des cours spéciaux ;
Introduire la spécialité de l’art architectural islamique dans les études supérieures.
Inclure dans le cursus d’art architectural islamique du 1er cycle universitaire, ou dans le cycle de spécialisation, les matières théoriques relatives à l’art architectural islamique, à savoir :
1-Théorie et caractéristiques de l’architecture islamique, ainsi que les différents types et écoles de cet art islamique.
2- L’histoire de l’architecture islamique et les célèbres architectes musulmans.
3- La conception et l’esthétique de l’architecture islamique selon les chercheurs contemporains.
4- La pensée islamique et l’esthétique selon les penseurs musulmans.
5- La sociologie islamique.
6- L’histoire de la civilisation islamique.
7- L’archéologie islamique et les résultats des fouilles archéologiques dans le monde islamique.
Les cours scientifiques pratiques seront les suivants :
1- L’étude sur le terrain des sites et des édifices islamiques.
2- La participation effective aux opérations des fouilles archéologiques, de restauration et de prospection.
3- L’enseignement des techniques de construction propres à l’art architectural islamique et leur rôle dynamique et préventif.
4- La présentation de plans architecturaux et ornementaux intérieurs, inspirés du patrimoine architectural islamique, et adaptés aux exigences du progrès civilisationnel, social et technique ainsi qu’aux innovations futures.
5- L’analyse de l’architecture islamique traditionnelle et moderne, et sa critique dans le cadre de séminaires communs.
La création de départements spécialisés de l’art architectural islamique et la mise en exergue de cet art face aux arts architecturaux internationaux, exigent des professeurs spécialisés qualifiés, ainsi que l’enrichissement de la bibliothèque universitaire en bibliographie spécialisée et des Atlas sur l’architecture islamique. Il convient d’avouer, cependant que l’enseignement en matière d’architecture islamique est pauvre en spécialistes qualifiés dans les domaines de l’histoire de l’architecture islamique, de la conception esthétique et de l’archéologie. Aussi faut-il inciter les spécialistes titulaires d’une maîtrise dans l’art architectural islamique à obtenir un doctorat dans leur spécialité afin de se qualifier pour l’enseignement universitaire.
Le manque de bibliographie relative à l’art architectural islamique au sein de la bibliothèque universitaire est un problème auquel il faut faire face. Il est vrai qu’un certain nombre d’orientalistes ont réalisé des ouvrages acceptables dans le domaine de l’histoire de l’art architectural islamique, et que certains ouvrages ont même été traduits en arabe et en langue perse, cependant la majorité de ces ouvrages n’ont pas souligné le lien qui existe entre les réalisations architecturales et l’identité islamique à cause de l’ignorance de ces orientalistes de la pensée islamique et des fondements de l’esthétique islamique. Les chercheurs arabo-musulmans doivent consentir des efforts pour combler cette lacune.
Source: journal3
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