Très vite, les services de la ville se sont activés pour se débarasser de ce tag raciste. Une triste première. La municipalité ainsi que l'association gérant le bâtiment s'avouent choquées et surprises. Une plainte a été déposée.
« C'est la première et l'on espère la dernière fois que cela se produit », se désole Foudil Boudjema, l'animateur du centre culturel Avicenne de Villejean. En effet, la semaine dernière, une croix gammée a été découverte sur l'un des murs extérieurs de ce bâtiment dédié à la culture et au culte musulman. « C'est un passant qui m'a averti. C'était peint derrière le bâtiment. Tout de suite, chacun nous a fait part de sa sympathie ».
La nouvelle est aussi choquante que surprenante. Le centre vit paisiblement depuis plus d'un an et demi. « C'est un centre ouvert à tous », appuie Foudil Boudjema. Ce bâtiment, inauguré en septembre 2006, accueille par exemple près de 300 personnes tous les vendredis après-midi. Un premier centre culturel islamique marche sans accroc depuis 1983, dans le quartier du Blosne, au sud de Rennes.
Difficile pour le moment de savoir s'il s'agit de l'acte d'une personne isolée ou d'un groupe raciste ayant prémédité son "coup". L'association a d'ores et déjà porté plainte. La mairie se réserve la possibilité de se porter partie civile.
Du côté de l'Hôtel de Ville, on avoue sa surprise mais on ne veut pas crier au loup tout de suite. « C'est vraiment la première fois que ça arrive. On ne va rien tolérer, ni laisser passer », prévient tout de même Marie-Anne Chapdelaine, déléguée à l'égalité des droits et à la laïcité dans l'équipe de Daniel Delaveau. La municipalité et l'association Avicenne réfléchissent à une possible réaction : « Des actions contre le racisme et l'ignorance, on en fait tout le temps... On va voir comment réagir sur le terrain ».
Les services de nettoyage de la ville sont intervenus à 2200 reprises en 2006 pour faire disparaître les tags intempestifs. Mais les tags à caractère raciste représentent une infime partie du travail du service propreté de la ville. "C'est très rare", lâche-t-on.
« Après avoir été constaté, si un tag répond à toutes les obligations, nous essayons d'intervenir rapidement. Le plus souvent dans les dix jours. Par contre si l'inscription est à caractère raciste, nominatif ou diffamatoire, il est retiré dans la journée », nous expliquait-on lors d'un dossier sur les tags à Rennes. Ce qui a été le cas à Villejean, la semaine dernière. En un rien de temps, les services de la ville ont rendu les murs du centre vierges de toute inscription.
Source: rennes-infhonet