12:08 - April 26, 2008
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Organiser une série de consultations entre leaders, chercheurs et fidèles musulmans et chrétiens

France (IQNA)- Il y a un mois, le roi Abdallah d’Arabie Saoudite avait lancé l’idée d’organiser des rencontres entre musulmans, chrétiens et juifs. Cette proposition a été mise en pratique de façon surprenante en France.

L'imam Hassan Chalghoumi, chef de la communauté islamique de Drancy (Seine-Saint-Denis), près de Paris, a engagé comme responsable des relations extérieures un juif, Bernard Koch, qui est l’un des fondateurs de l’"Amitié judéo-musulmane de France". La nomination a eu lieu à la mosquée de Drancy en présence d’autres représentants du judaïsme français. “L’Osservatore Romano“ du 23 avril a donné beaucoup d’importance à cette nouvelle.
En outre, le théologien musulman Aref Ali Nayed – signature capitale de la célèbre lettre adressée à Benoît XVI et à d’autres leaders chrétiens par 138 personnalités musulmanes – a annoncé dans une interview parue dans le numéro d’avril du mensuel italien “Jésus“:
“Nous travaillons actuellement sur un document destiné à nos frères et sœurs juifs. Nous voudrions produire un texte significatif aux points de vue théologique et spirituel, pour aider à améliorer les rapports entre nos deux communautés qui, dans un passé pas si lointain, par exemple pendant l’inquisition espagnole, ont prospéré et ont souffert ensemble“.
En ce qui concerne le dialogue avec les chrétiens, la lettre des 138 musulmans a reçu deux réponses faisant autorité, après celle de l’Eglise de Rome.
Le COE a répondu à la lettre des 138 “Une parole commune entre nous et vous“ par un document intitulé “Apprendre à explorer l’amour ensemble“.
Ce document demande la création d’un groupe mixte pour “organiser une série de consultations entre leaders, chercheurs et fidèles musulmans et chrétiens. Ils réfléchiront à des points de compréhension réciproque, travailleront à une plate-forme théologique et éthique pour de futures initiatives communes et établiront de nouveaux moyens pour explorer davantage les questions de foi et de vie dans les deux communautés“.
Le patriarche demande dès maintenant que le dialogue interreligieux respecte l’identité de chaque interlocuteur, pour éviter d’arriver à un dangereux syncrétisme. Selon lui, pour être fructueux le dialogue doit s’instaurer sur deux plans: “au niveau doctrinal, sur des questions importantes comme Dieu, l’homme, le monde“; à un niveau plus pratique, sur “la défense du rôle de la religion dans la vie sociale, la lutte contre la xénophobie et l‘intolérance et la promotion d’initiatives communes de paix“.
A l’université, le professeur islam a créé et dirige un département consacré aux religions du monde entier. Les principales religions sont enseignées par des professeurs qui pratiquent la foi qu’ils enseignent. Un prêtre catholique diplômé en théologie enseigne le christianisme. Il en va de même pour l’islam, l’hindouisme, le bouddhisme et le judaïsme. Un cas unique dans le monde musulman.
La veille de la rencontre, Kazi Nurul Islam a accordé l’interview suivante à “L’Osservatore Romano“ daté du 17 avril 2008:
Q. – Professeur Islam Quel est le programme de la rencontre entre chrétiens et musulmans à Dhaka?
R. – Deux intellectuels musulmans prononceront des discours d’ouverture devant les participants à cette rencontre. Ils seront suivis par deux intellectuels chrétiens. Ces discours servent à exposer clairement chacune des positions. La session plénière est ensuite divisée en dix groupes mixtes paritaires. Ils discuteront des thèses de l’Eglise romaine et de celles des 138 intellectuels musulmans. Viendront ensuite les synthèses finales des discussions. Il faut organiser au Bangladesh un forum où les chrétiens et les musulmans puissent continuer à se rencontrer et à discuter pour aboutir par la suite à une déclaration commune. J’espère que cet objectif sera atteint d’ici à la fin de cette année. Cette déclaration commune sera la base de la paix entre chrétiens et musulmans au Bangladesh et dans le monde entier.
Q. – Comment les Bengalis ordinaires perçoivent-ils cette rencontre entre chrétiens et musulmans?
R. – Une grande majorité des habitants n’a pas la culture nécessaire pour comprendre la réelle signification de cette rencontre. Mais ils se rendent bien compte que quelque chose est en train de se produire. Les médias diffusent les informations avant tout grâce aux nouvelles technologies – Internet et les téléphones portables – désormais à la portée d’un nombre croissant de personnes. Ainsi, beaucoup de gens ont appris l’existence de cette rencontre entre chrétiens et musulmans. Abstraction faite de la manière dont la nouvelle est interprétée, je peux vous dire que beaucoup de gens pensent que nous sommes au début d’une nouvelle époque dans les rapports entre chrétiens et musulmans. Bien entendu, nombreux sont ceux qui espèrent que ces rapports deviennent plus amicaux.
Q. – Pourquoi avez-vous choisi, comme premier sujet de discussion, le document des 138 intellectuels musulmans et la réponse de l’Eglise de Rome?
R. – Nous gardons un très bon souvenir du pape Jean-Paul II. Il a instauré le dialogue interreligieux de manière très sérieuse. Avec Benoît XVI, en revanche, il y a eu un malentendu initial. De nombreux musulmans du monde entier ont élevé la voix pour protester contre certaines affirmations. Par la suite, une mise au clair a calmé les esprits. Nous souhaitons qu’il n’y ait plus, à l’avenir, de malentendus entre chrétiens et musulmans à cause des mots. J’espère que l’on comprendra qu’il y a beaucoup plus de points communs que de vraies différences entre les chrétiens et les musulmans.
Il faut préciser que la conférence de Malines-Bruxelles s’ouvrira sur la présentation des points de vue chrétien et musulman sur le sujet. Ensuite, les participants travailleront en séminaires sur les points suivants:
– le rôle des religions dans les sociétés séculières;
– la religion entre institution et foi personnelle;
– Comment chrétiens et musulmans se voient les uns les autres; comment promouvoir le respect et la compréhension réciproques par l’éducation;
– Construire des ponts; les défis qui se présentent à nos communautés.
Lors de la rencontre préparatoire à Esztergom, qui a été accueillie par le cardinal Péter Erdö, primat de Hongrie et président du CCEE, deux documents en phase d’élaboration ont également été discutés. Le premier porte sur les phénomènes de violence au nom de la religion. Le second, sur les conséquences de la présence musulmane sur la vie des Eglises en Europe et sur la formation du clergé et des responsables pastoraux. Il est prévu que ces documents seront rendus publics au début de 2009.
De plus, quatre séminaires sur "Islam, christianisme et Europe" – également organisés par le CCEE et la KEK, ainsi que par la Konrad Adenauer Stiftung et par des représentants musulmans – figurent sur l’agenda du Parlement Européen.
Le premier a eu lieu à Bruxelles le 17 avril. L’imam Tareq Oubrou, recteur de la mosquée al-Houda de Bordeaux, a pris la parole, entre autres. Il a déclaré que les musulmans ont beaucoup à apprendre du christianisme en ce qui concerne le sécularisme et la modernité et qu’ils devraient faire confiance à l’expérience des chrétiens à ce sujet.
L’un des orateurs chrétiens a été le père Ignace Berten, dominicain, fondateur de l’association "Espaces" de Bruxelles. Il a indiqué que le christianisme a l’avantage d’avoir su interpréter ses textes religieux dans leur contexte historique, ce qui lui permet de distinguer la foi de fond et ce qui est lié à la culture: une distinction que les musulmans ont du mal à faire.
Le deuxième des quatre séminaires aura lieu le 29 mai et les deux autres d’ici à la fin de l’année.
Source: eucharistiemisericor
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