Organisée par le Haut Conseil Islamique (HCI), la rencontre a permis au Pr Mohamed Yakoubi, spécialiste marocain en gynécologie, de se pencher sur l’avis de la religion à l’égard de ce thème scientifique d’actualité qu’est la procréation médicale assistée, en se référant d’abord au Coran et à la Sunna, ainsi qu’aux fetwas émises dans ce domaine par les savants musulmans contemporains ou les instances nationales et internationales concernées.
Masculine ou féminine, la stérilité pose problème, particulièrement au Maghreb où elle touche 15% de la population, indique le professeur Yakoubi, avant de relever les efforts consentis par les autorités sanitaires des pays de la région pour prendre en charge cette contrainte, source de problèmes sociaux, voire de divorces, à travers l’adoption de textes de loi régissant cette activité et la création de centres de procréation médicale assistée dans les 5 pays maghrébins.
Il a ajouté que c’est en Tunisie, précisément en 1988, que le premier enfant est né dans ce cadre de la procréation médicale assistée, suivi du Maroc en 1990 et de l’Algérie en 1991.
L’éminent professeur a ensuite rappelé les critères indispensables qu’il faut respecter dans ce domaine en citant le code de déontologie médicale, le conseil de l’ordre des médecins, le code du statut personnel, et bien entendu la législation musulmane (le Coran et la Sunna), avant de situer les niveaux de responsabilité de chacun.
Dans ce contexte, il a évoqué la signification des «fetwas» (individuelle et collective) avant d’entrer dans le domaine scientifique et rappeler quelques vérités de la création divine, sur la base de versets coraniques et de nombreux hadith du Prophète (QSSSL).
Le professeur Yakoubi devait ensuite déclarer que si l’assistance médicale pour la procréation n’est pas interdite par la religion, à condition de ne pas mettre en péril l’individu, notamment, beaucoup de procédés scientifiques autorisés à l’étranger sont déclarés illicites au regard de la législation islamique. Outre le clonage humain, strictement interdit dans le monde entier, l’avortement (IVG et IMG) le don des gamètes et de sperme, l’eugénisme, les cellules souches, la greffe des organes reproducteurs et autres techniques médicales sont interdits par la religion musulmane, en raison des diverses répercussions qu’elles ont sur l’individu, la famille, la société.
Le conférencier a conclu ses propos en appelant la communauté médicale et les savants religieux à « l’Ijtihad », c’est-à-dire à réfléchir davantage, en commun aussi, à toutes ces nouvelles possibilités scientifiques destinées à encourager la fertilité, à donner la vie, à peupler la planète.
La rencontre s’est terminée par l’instauration d’un débat aussi large que fécond dans la salle.
Source: Elmoudjahid