Gharzawi tente de s'expliquer par un malentendu

14:59 - September 29, 2008
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Egypte(IQNA)- Yussof Gharzawi, président du Conseil international des ulémas, dans un entretien au programme télévisé "Le Caire aujourd'hui" de la télévision égyptienne, a déclaré qu'il n'était pas opposé au développement du Chiisme, mais opposé à la présentation croissante du Chiisme dans une société qui ne compte aucun chiite.
Faisant allusion à un malentendu, suite à la réaction des milieux chiites à ses dernières déclarations, il a fait de nouveaux reproches et cherché des prétextes pour justifier ses déclarations.
"Je n'accepterai un dialogue avec les chiites que quand ils respecteront les lignes rouges au sujet des compagnons, du saint Coran et arrêteront leur propagande dans les milieux sunnites. L'islam encourage au dialogue et au rapprochement, mais cela ne signifie pas que les chiites et les sunnites doivent se gêner mutuellement, ce dialogue doit se faire dans des cadres établis et dans le respect des lignes rouges.
Tant que les chiites ne respecteront pas les compagnons, aucun dialogue ne sera constructif. Le dialogue doit se faire dans un cadre coranique, il est inacceptable qu'on fasse outrage au saint Coran, or les chiites n'acceptent pas ces limites et se réfèrent un livre "Fasl-ol-Khatab", qui défend l'idée d'une falsification du saint Coran(!!). Leurs efforts pour propager le Chiisme en Egypte, en Arabie Saoudite, en Algérie, en Tunisie et au Soudan, qui sont des pays sunnites, doivent se limiter aux limites fixées entre chiites et sunnites.
Les chiites ont critiqué l'utilisation, dans mon interview, dans le quotidien égyptien, du terme «تبشير» au lieu de "propagation du Chiisme", alors qu'ils avaient eux-mêmes utilisé ce terme au sujet des sunnites. Je crois fermement à l'union islamique, mais cela ne signifie pas que nous nous mettions à respecter les mêmes principes. Je suis d'avis que la communauté islamique doit se mettre d'accord et s'unir sur les questions importantes du monde de l'islam comme la Palestine, l'Irak ou l'Afghanistan", a-t-il déclaré.
Dans une autre partie de son entretien, Gharzawi a répété son soutien à l'Iran et au droit de ce pays de se munir d'armes modernes : "Que les médias me tombent ainsi dessus en me traitant de sioniste, m'étonne beaucoup, car je suis un des ennemis les plus acharné de ce régime usurpateur. Les travaux pour le rapprochement des écoles islamiques ne doivent pas être suspendus, mais le rapprochement ne doit pas devenir une destruction. Aujourd'hui nous sommes témoins des activités des chiites pour le contrôle des sociétés sunnites(!). C'est un danger que je ressens.
Quand j'ai quitté l'Egypte, il y a quarante ans, il n'y avait pas un seul chiite dans ce pays, alors qu'aujourd'hui beaucoup de chiites vivent en Egypte, cela est le signe d'une propagande organisée de leur part. Il ne s'agit pas d'une invasion religieuse, mais d'une propagande politique organisée, de la part de l'Iran qui cherche à étendre son influence dans les pays voisins. Nous rejetons tout nouvel impérialisme qu'il soit iranien ou autre".
Interrogé au sujet des conversions de sunnites au Chiisme il a déclaré : "Ces gens ont perdu au change car ils se sont détournés de l'islam authentique fondé sur le saint Coran et la Tradition prophétique, et de l'islam de grands érudits dans l'Histoire. Les religieux sunnites ont le devoir de défendre leur idéologie et le sunnisme".
Faisant allusion à son soutien au Hezbollah libanais, pendant la guerre de 2006 contre le régime des occupants sionistes, il a précisé qu'il était tout à fait d'accord avec la défense des territoires de la communauté islamique, et qu'alors qu'un religieux d'Arabie saoudite avait interdit le soutien au Hezbollah, il avait quant à lui, répondu à cette décision dans le programme télévisé "Vie et religion", en affirmant son soutien inconditionnel à la Résistance islamique libanaise.
Au sujet des réactions de l'Ayatollah Mohamad Ali Taskhiri, responsable du Conseil pour le rapprochement des écoles islamiques et vice-président du Conseil international des ulémas, à ses déclarations sur les ingérences chiites financées par des groupes "missionnaires" et les inventions religieuses du Chiisme, il a souligné que "nos proches n'avaient pas bien compris le sens de ses paroles(!)".
Rappelons que certains sunnites pensent que les chiites ont un autre Coran appelé "les feuillets de Fatemeh(SA)", ces idées sont parfois reprises par les médias du monde arabe, par exemple, le journal soudanais «آخر خبر» qui avait écrit le 6 Rajab 1416, un article sur le saint Coran caché des chiites, alors que les sunnites se sont rendu compte que les chiites avaient le même Coran que celui qui existe dans toutes les sociétés musulmanes, et se sont étonnés des accusations qui avaient été portées contre les chiites dans ce domaine. Les Rawayat précisent que ce feuillet ne contient aucun verset coranique. Des ignorants se sont trompés en traduisant le mot "Moshaf" par le mot "Coran".
Le livre "Fasl-ol-Khatab dont parle Gharzawi, est un livre du Cheikh Mirza Hussein Nouri, écrit en 1292 de l'Hégire, dont le titre complet est «فصل الخطاب فی تحريف الكتاب» "Fasl-ol-Khatab fi Tahrif-ol-kitab" qui se réfère à des Hadith faibles et des arguments sans fondements, pour défendre l'idée d'une falsification du saint Coran. Cet ouvrage a soulevé l'indignation chez les érudits chiites dont Mohamad Ben Abil Ghassem, connu sous le nom de Téhérani, qui a écrit en réponse un traité intitulé "Kachf-ol-Artiab fi 'adam tahrif-al-Kitab" «كشف الارتياب فی عدم تحريف الكتاب» en 1302, et Seyed Mohamad Hussein Shahrestani, en 1315 de l'Hégire, qui a écrit un ouvrage intitulé "Hefz-ol-kitab Al Sharif 'an Shobhe Al Ghaoul Bil Tahrif" «حفظ الكتاب الشريف عن شبهه القول باالتحريف», qui étaient des réponses et des critiques du "Fasl-ol-Khatab".
Ce livre a porté un grand préjudice au chiisme, le siècle précèdent, au point que les Wahhabites ont accusé les chiites d'avoir falsifié le saint Coran et les ont déclarés impies et impurs, alors que les chiites conformément à l'enseignement des Ahl-ul-Bayt(AS) ne reconnaissent que le seul Coran révélé et se réfèrent au verset «إِنَّا نَحْنُ نَزَّلْنَا الذِّكْرَ وَ إِنَّا لَهُ لَحافِظُونَ».
"En vérité nous avons révélé ce rappel et nous en sommes les protecteurs" pour prouver que ce Livre est le Guide de l'Humanité jusqu'à la fin du monde, et qu'il ne laisse aucune place à la falsification, aux retraits ou aux ajouts.
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