Lecture de ce message royal a été donnée par M. Abdelaziz Méziane Belfkih, Conseiller du Roi, lors de la séance d’ouverture de la Conférence.
Dans le message qu’il a adressé aux participants à cette conférence qui se tient sous le thème : «Pour l’atténuation des effets du changement climatique sur les pays islamiques», le souverain a affirmé que : «L'humanité se trouve aujourd'hui en butte à des problèmes écologiques aigus, aux ramifications les plus diverses. La dégradation et les déséquilibres de l'éco-système qui s'en sont suivis, ont eu des effets pervers sur les conditions et le cadre de vie de l'homme. Certes, ces maux n'épargnent aucune région, parce que leurs retombées ne connaissent pas de frontières. Il n'en reste pas moins que la riposte qui doit leur être opposée est une responsabilité collective qui incombe à chacun et à tous».
Le souverain a alors abordé l’expérience marocaine dans le domaine de la protection de l’environnement en ces termes: «L'expérience menée par le Maroc dans la gestion de ses ressources hydriques a fait la preuve de son efficacité dans le traitement du phénomène des changements climatiques, dont elle a pu atténuer l'impact sur la nature et sur l'homme. Le recours massif à la construction de barrages compte parmi les moyens les plus efficients pour réagir et s'adapter à ce grave phénomène. Ainsi, plus de 120 grands ouvrages hydrauliques ont été construits, permettant la mobilisation d'une retenue supérieure à 16 milliards m3. Ces ouvrages favorisent la mobilisation des ressources en eau pour répondre aux besoins du pays en périodes de sécheresse.»
En outre, le Roi du Maroc a déclaré que : «La réalisation du développement que nous appelons de nos vœux passe nécessairement et impérativement par la volonté d'affronter le défi de la pauvreté, en généralisant l'accès aux services sociaux de base, notamment l'approvisionnement en eau potable et l'assainissement des déchets solides et liquides. Elle requiert également la satisfaction des besoins en matière de santé, de sécurité alimentaire, d'éducation et de formation, et ce, outre le renforcement du financement des petites et moyennes entreprises et la consolidation des initiatives locales génératrices de revenus.»
Et de poursuivre : «A cet égard, le Royaume du Maroc a mis en place une stratégie pour la réalisation des objectifs de développement durable. Il s'agit essentiellement d'améliorer le cadre et les conditions de vie des citoyens, à travers la réalisation, sur le terrain, de projets concrets et pratiques tels que le Programme national d'assainissement liquide, le Programme de gestion des déchets ménagers, le Programme de protection et de développement des oasis et le Programme national de mise à niveau écologique des écoles rurales».
Le Roi Mohammed VI a par ailleurs félicité l’Organisation islamique pour l’Education, les Sciences et la Culture –ISESCO- : «A cet égard, Nous tenons à prendre acte des efforts déployés par l'ISESCO dans ce domaine vital, notamment ceux voués au renforcement des capacités de tous les intervenants, au niveau du monde islamique, dans la gestion des ressources en eau. Nous soulignons l'importance de ces efforts et formons le souhait de voir l'ISESCO poursuivre la mission qui lui est dévolue pour atteindre les objectifs nobles qu'elle s'est assignée, comptant en cela sur la collaboration avec nos pays et tirant parti des potentialités et des savoir-faire qui sont les leurs.»
Dans cette même veine, le Souverain s’est félicité de la coopération entre l’ISESCO et la Fondation Mohammed VI pour la protection de l’environnement : «A ce propos, nous nous félicitions de l'étroite collaboration qui existe entre l'ISESCO et la Fondation Mohammed VI pour la protection de l'environnement, placée sous la présidence de Notre Sœur Son Altesse Royale la Princesse Lalla Hasnaa. Nous nous réjouissons également de voir que cette collaboration vise à ancrer les principes et les valeurs de protection de l'environnement, par la mise en œuvre de plans ambitieux d'éducation et de communication, qui portent sur différents aspects de la question écologique, et qui viennent appuyer les programmes entrepris par les organismes gouvernementaux en matière d'environnement.»
Et de continuer à l’adresse des membres de la conférence : «Si la deuxième session de votre conférence a été marquée par la mise en place du cadre conceptuel d'une stratégie islamique pour le développement, cette troisième édition sera, pour vous, l'occasion de soumettre au débat cet outil théorique et d'examiner les mécanismes d'exécution de cette stratégie. Nous estimons par ailleurs que l'agenda de l'Action islamique en matière d'environnement passe par la mise en place de conditions propices à cet effet, notamment.
Premièrement : la recherche de mécanismes financiers pour l'exécution des programmes et des activités prévus. Il s'agit, pour cela, de traduire dans les faits une proposition relative à la création d'un fonds islamique pour le développement durable.
Deuxièmement : la mise en place de partenariats avec les bailleurs de fonds régionaux et internationaux. Il faut, pour cela, préparer des programmes spécifiques, à caractère transversal au sein de l'ensemble du système de l'OCI et visant, en particulier, le développement des capacités en matière d'environnement, le transfert des technologies propres, le renforcement des législations écologiques, ainsi que la généralisation de l'éducation et de la formation y afférentes.
Troisièmement : la nécessité d'ouverture effective sur le secteur privé dans le monde islamique, qui doit être incité à apporter son concours à la réalisation des objectifs fixés dans cet agenda, à investir dans les domaines voués au développement, et à adopter des modes de production propres et respectueux de l'environnement.
Quatrièmement : le renforcement du rôle qui échoit, en la matière, à la société civile dans les pays islamiques. Outre le concours que celle-ci apporte à l'exécution de cet agenda de développement, elle devrait s'ouvrir aux organisations non gouvernementales internationales et tirer parti du soutien qu'elles mettent à la disposition des populations locales pour les aider à s'investir davantage dans les programmes de développement local.
Cinquièmement : La nécessité de réserver une place majeure aux efforts visant à intégrer les concepts de développement durable dans les systèmes d'éducation des pays islamiques ».
Dans ce sens, le Roi a affirmé que : «Le projet de création d'un Centre islamique d'information en matière d'environnement constitue une initiative positive dans la mesure où il va permettre de disposer d'un instrument technique et d'information pour dépister et évaluer les changements qui affectent l'environnement dans nos pays islamiques. Outre le fait d'orienter le Programme islamique de développement dans la définition de ses axes prioritaires, ce Centre devra aider les décideurs dans nos pays respectifs à mieux programmer leurs projets en matière d'environnement, une démarche qui exige de nos Etats de mettre en place des mécanismes nationaux analogues pour servir d'interfaces, et contribuer au renforcement de l'action du Centre, tout en bénéficiant des services qu'il est appelé à offrir.»
Le Souverain a alors proposé d'examiner la possibilité de créer des académies islamiques d'environnement et de développement durable en vue d'enrichir le travail de recherche mené en la matière, de favoriser les échanges d'expériences et de développer les capacités y afférentes au moyen de programmes de formation pertinents.
Source : ISESCO